Ólafur Arnalds "Le virtuose"
Depuis son remarquable et seul véritable album Eulogy for Evolution en 2007, Ólafur Arnalds traine le rythme infernal d’une merveille ou plus par an dans la plus grande discrétion. Ok, le monsieur a ceci-dit tourné avec Sigur Ros en 2008, on a connu plus discret.
Dernière merveille en date, le projet aventureux Found songs et ses très intimes compositions quotidiennement offertes sur internet.
A télécharger ici
Ólafur devient petit à petit un des artistes majeurs de la scène islandaise, ou en tout cas un des plus intéressants, avec la paire Jóhannsson, Jóhann et Bardi. Ce dernier ne s’y est pas trompé et travail actuellement avec lui sur le prochain Bang Gang. Miam.
En attendant, Dyad 1909 n’est pas un nouvel album mais une composition pour un ballet (russe et inspiré par Sergei Pavlovich Diaghilev pour être précis) commandée par un certain anglais Wayne McGregor. Et si j’en vois déjà certains bailler dans leur coin en flairant de nouveau l’ennui, ce Dyad 1909 est peut être justement l’occasion de vous réconcilier avec Ólafur Arnalds. On reconnaît certes immédiatement son empreinte, mais l’essence même de sa musique classique très épurée et mélancolique est ici tourmentée avec violence et erre dans une atmosphère sonore lointaine, donnant du début à la fin une tournure très grave à ce disque.
On attend sa petite merveille de 2010 avec impatience.
Ólafur Arnalds - Brotsjor (2009)
Ólafur Arnalds - …Og Lengra (2009)
Ólafur Arnalds
Erased Tapes
The Sky May Be Falling...but the stars look good on you (Un documentaire sur Ólafur)

Ambient "Dream machine (#1)"
Ouais, on est quelques uns à Rock it à bien kiffer la musique sans beat (rires gras...).
Et comme on est sympathique et généreux, vous trouverez ci-joint un petit mix d’une demi heure de nappes, de drones, de modulations super lentes, de petits bruits bizarres noyés dans l’écho et d’ambiances planantes. Et toujours sans beat, bien sûr (re rires gras...).
1 - Lissom : Downpour (Dragon’s Eye / 2009) 2 - Loscil : Stratus (One / 2005) 3 - Austere : Crystil (Hypnos / 2002) 4 - Aus : esnow (kesh / 2008) 5 - Sawako : long long time ago (kesh / 2008) 6 - Linga Sarira : 7xxxxxVxxxxx1 (U-Cover / 2008)
Et puis c’est tout.

Deakin "Deakin déconne en Afrique"
Il a plusieurs noms (Deakin, Deacon, ou Josh Dibb), une lubie (l’Afrique), quelques remix récents connus pour le compte d’Animal collective (dont l’excellent Love like a sunset de Phoenix), et une absence totale de tous les sets d’Animal Collective depuis la grosse déferlante de Merriweather Post Pavillon.
Retour sur son premier concert en solo au Point Ephémère :
un concert quasi parfait en cinq morceaux. Cinq seulement. Qui m’ont fait immédiatement penser à ceux d’Atlas Sound, mais avec une humilité qui fait chaud au cœur (ca doit être l’Afrique ça). Il est donc seul sur scène, il mixe parfaitement, aime sa guitare passionnément et on se dit que c’est même mieux que les derniers lives d’Animal Collective. Rien que ça.
Ça se finit, trop tôt, mais il s’en excuse et c’est déjà pas mal. il dit qu’il revient en mars (avec Panda Bear, idée de génie non ?) avec des nouveaux morceaux.
Maintenant, il faut écouter les cinq extraits qui suivent, sans titre et sur aucun myspace, qui viennent du live enregistré juste avant celui du point éphémère.
Émotion du premier post.
Deakin - sans titre 1
Deakin - sans titre 2
Deakin - sans titre 3
Deakin - sans titre 4
Deakin - sans titre 5

Liars "Un léger passage en force"
Dans ma liste des "meilleurs groupes du monde si je dois en citer un sans réfléchir là tout de suite", Liars est un de ceux qui reviennent le plus souvent.
Sisterworld, leur cinquième album, sortira en mars. Petit focus sur un groupe magistral.
Novembre 2000, Angus et Aaron, deux étudiants en art, déboulent à New York et répondent à une petite annonce. Ils rencontrent Pat et Ron. Angus sera le leader, Aaron prendra la guitare et fera les programmes de la boite à rythme, les deux autres à la basse et à la batterie. Après un enregistrement qui ne durera que deux jours à l’été 2001, c’est la sortie de They Threw Us All in a Trench and Stuck a Monument on Top - le ton est donné (alors qu’a ce moment là aux USA, le 11 septembre est un jour comme un autre). Cet album très punk est l’un des plus dansants de l’année, les paroles sont des plus acides.
Liars - Grown men don’t fall in the river, just like that
Everybody in / his or her own life needs a hobby, / Fills the voids that working late create / (...) We can win / Can you hear us ? / We’ve got our fingers on the pulse of America / (....) Not too political enough to discover / Wake up / You’re a person on fire ! ...
Malgré cette énergie punk, le dernier morceau de ce premier opus laisse présager de la suite. Il se termine sur une boucle de plus de 30 minutes dans une ambiance complètement flippante. Peut-être trop flippante pour Pat et Ron qui désertent, remplacé par le batteur Julian Gross. Le trio s’embarque alors dans l’enregistrement de They Were Wrong, So We Drowned avec David Sitek (TV on the Radio) dans une forêt du New Jersey. Ambiance. Beaucoup moins punk, beaucoup plus expérimental. Liars s’inspire de légendes sur les sorcières, et parle de concept album.
Liars - We Fenced Other Houses With The Bones Of Our Own
Marre de New York, direction Berlin, et enregistrement du chef d’oeuvre Drum’s not dead. La presse parlera encore immédiatement de concept album, à croire que le groupe est tellement difficilement classable qu’il sera cantonné aux concepts albums jusqu’à sa disparition. En tout cas on touche du doigt la perfection. C’est tribal, c’est aérien, les percussions sont bien évidemment au centre de tout ça, c’était il y a quatre ans et je ne m’en suis pas remis. Puisqu’on est dans les tops, je mets ce disque dans mon top 3 de la décennie.
Liars - It Fit When I Was a Kid
Retour aux USA et enregistrement de l’album éponyme en 2007. Et comment dire ? Le génie réside parfois aussi dans des choses simples, comme par exemple appeler "Liars" l’album parfait pour découvrir Liars. Les fans ne seront surement pas d’accord, ce n’est en général pas leur préféré, mais quelle porte d’entrée merveilleuse pour le novice. Toutes les ambiances précédemment citées se retrouvent ici pour le disque surement le moins barré du groupe.
Et donc 2010. Et Sisterworld. Pour tout vous dire, je l’écoute en boucle depuis ce matin, mais je vais attendre un peu, ce sera l’occasion de vous reparler de Liars. En attendant, un titre en téléchargement libre sur le site du groupe.
http://www.thesisterworld.com/

Sleepyard "Music for rocking chair"
Etrange et cool à la fois, Future lines, le 4 ème album des norvégiens de Sleepyard, est la substance idéale pour atteindre une sorte de légère torpeur contemplative et sereine. Le parfait spliff un peu.
Drones plannants, suggestions psychédéliques et mélodies inspirées se superposent tout au long des 12 titres invitant souvent à la rèverie. Les voix se font plutôt discrètes - seules Saturation et Bionic Exercice (splendide comptine à mi chemin entre le mantra et la ritournelle pop) sont véritablement chantées - et se joignent parfois tout en finesse à la musique sous forme de choeurs aériens proches de ceux que pouvaient faire les Beach Boys. Même la basse "étouffée" caractéristique de Brian Wilson peut s’entendre à certains moments (Roll the Dice). Mais au delà des influences, Future lines dégage véritablement une sensation d’inspiration singulière et libérée. La beauté simple de One Pristine Morning avec ses chants d’oiseaux, ses accords et notes de piano à tomber par terre, et ses arrangements discrets et précis en est peut être le meilleur exemple.
La participation de Sonic Boom à cet album ne surprend pas et devrait interpeller ceux qui ont aimé Highs, Lows and Heavenly Blows de Spectrum tant au niveau de l’ambiance que du feeling général. C’est cool et flottant.
Une petite merveille de douceur qui sent bon la weed.

Danny Saul "Un conte d’hiver"
Echappé de Liondialer, duo dans lequel il officiait avec Greg Haines, Danny Saul n’est pas là pour amuser la galerie. Des EP’s pour tater le terrain et un album (Harsh Final). Magique.
Moins expérimental et noisy qu’auparavant, le mancunien surprend ici par son songwriting et sa voix. Your Death, impeccable morceau d’ouverture, véritable bijou. Une intro accoustique en guise de (longue) introduction vers une ambiance cotonneuse. Comme dans un rêve. Ecoutez et admirez.

Brooks "A song for the soul (#5)"
Ca démarre par une espèce de bug autour d’arpèges hachés provenant d’une guitare acoustique, puis une clarinette aux consonances moyen-orientales joue quelques notes envoutantes et ensuite un beat minimaliste et électronique s’installe. Enfin la voix, douce et aérienne, arrive et finit de confirmer la grâce de ce Bedbugs, quatrième titre du second album de Brooks sortit en 2004 sur le label Soundslike de Mathew Herbert, RedTape.
Depuis, plus aucune nouvelle.

Talk Normal "Le chant des sirènes d’alarmes"
Attention, pas d’emballement non plus. Tout reste à faire. Disons qu’il s’agit plus ici d’attirer l’attention sur un potentiel encore au stade du balbutiement. Et d’évacuer immédiatement toute connotation hype puisque cet album ne me plait pas vraiment mais m’interpelle tout de même.
Sugarland, premier album de Talk Normal sorti sur Rare Book Room en novembre dernier, agresse, crisse, hurle, sature, déchire et râpe. Adeptes d’un style néo No Wave typiquement New Yorkais - avec ce que ça comprend de prétention arty un chouïa casse couilles quand même- Sarah Register et Andrya Ambro , les deux membres du groupe, sont encore empreintes de références conceptuelles trop marquées, d’après moi, par Lydia Lunch et les premiers travaux sonores des Swans par exemple, mais on sent, comme disait Robert Chapatte, qu’elles en ont sous la pédale. Comme peut en laisser paraître l’excellent morceau çi-aprés.
In Every Dream Home A Heartache
Et puis elles ont surtout pour elles, le fait de renvoyer jouer aux billes les, par exemple et c’est gratuit, largement et inexplicablement surestimés A Place To Bury Stranger, d’un point de vue bruit pur, même si musicalement ça n’a rien à voir, on est d’accord. Disons qu’elles font pas semblant et ne se cachent pas derrière 28 000 pédales d’effets.
Bref, ça fait mal aux oreilles et ça caresse pas dans le sens du poil. Mais ça se touche encore un petit peu trop. A suivre.
ps : Meilleurs voeux.

News "A year in music"
Fin d’année rime avec Grande Vadrouille, foie gras, champagne, grand mère, cadeaux, bêtisiers en tout genre ET classement ou "top". On ne pouvait échapper à la règle.
Voilà les albums et EP qui nous ont fait vibrer cette année. Pas d’ordre particulier : 11 albums et 7 EP, la dream team. J’en profite pour introduire Laure (oui, une fille) qui rejoint l’équipe rock it to the moon. 2010 sera féminin et gnangnan (elle a failli caser Phoenix).

Fuck Buttons - Tarot sport
HTRK - Marry me tonight
Real Estate - s/t
Atlas Sound - Logos
Zelienople - Give it up
Subway - Subway II
Kings of Convenience - Declaration of dependance
Ben Frost - By the Throat
Broadcast & The Focus Group Investigate Witch Cults Of The Radio Age
Animal Collective - Merriweather post pavilion
The Warlocks - The mirror explodes

Epic45 - In all the empty houses
Spacemen 3 / Wooden Shjips - Big city (demo) / I believe it (Spacemen 3 cover)
The Brian Jonestown Massacre - Smoking acid EP / the "ONE" EP
Spectrum - War Sucks EP
Animal Collective - Fall be kind
Olafur Arnalds - Found songs
Deerhunter - Rainwater cassette exchange
ET AUSSI !!!!!!!!!
LE Podcast 2009 Rock it to the moon Notre compilation de l’année (pas forcément des morceaux issus de ce top d’ailleurs, on aime vous surprendre).
1. Spectrum - War sucks
2. Lotus Plaza - Sunday night
3. Best Coast - Sun Was High (So Was I)
4. Sin Fang Bous - Carry Me Up To Smell Pine
5. Sleepyard - Saturation
6. Girls - Lust for life
7. The Mantles - Don’t lie
8. Dan Deacon - Snookered
9. Animal Collective - Daily Routine (Phaseone Remix)
10. Gus Gus - Add This Song
11. The Brian Jonestown Massacre - Tempo 116.7 [Reaching for Dangerous Levels of Sobriety]
12. Papercuts - Future Primitive
13. Danger Mouse & Sparklehorse - Everytime I’m With You (feat. Jason Lytle)
14. Glen Johnson - My Horror Mask
15. Hannu - Valtameri
16. Tim Hecker - Sea of Pulses
A bientot
Jérome, Boog, Laure (un peu), Pierre.

Vic Chesnutt "1964 - 2009"
Triste nouvelle pour finir 2009. Vic Chesnutt n’est plus des notres. Vic Chesnutt s’est suicidé. Lui qui réglait ses comptes avec la mort dans son dernier album...
Salut l’artiste et merci pour ces disques et ces concerts inoubliables.
Vic Chesnutt - Flirted with you all my life












Un léger passage en force
Dans ma liste des "meilleurs groupes du monde si je dois en citer un sans réfléchir là tout de suite", Liars est un de ceux (...)
