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mercredi 10 mars 2010
Loscil "De l’eau dans le Gas"

Oh putain.

Endless Fall, le cinquième album de Loscil pour Kranky records, est un album à grande puissance évocatrice assurément, entre mélancolie tenace et frissons méditatifs.

Le précédent effort de Scott Morgan, Plume (2006), plus organique, m’avait quelque peu déçu comparé à ses 3 premiers disques mariant à la perfection drones contemplatifs et dub ultra minimaliste et subaquatique ( ?... débrouillez vous avec ça). Endless Fall est la quintessence de ce que Loscil a pu faire ces 10 dernières années. On y retrouve sa sensibilité si particulière, ses sons précis tout en délicatesse et ses lentes variations qui rendent sa musique hypnotique et brillante. Mais pour la première fois, il intègre une voix dans ses compositions en la personne de Dan Bejar, du groupe Destroyer, et le résultat est très réussi et envoutant : du spoken-word ambient.

Loscil - The Making of Grief Point

Et puis, il y a la pluie. Elément récurrent sur toute la durée du disque, parfois suggérée et par moment concrète (l’album commence sous le déluge et se termine par une averse tenace). A l’écoute, la sensation d’être en panne sur une route de campagne, perdue au milieu de rien, où la seule chose à faire est d’attendre patiemment une éventuelle assistance en regardant l’eau heurter et s’écouler le long du pare-brise me semble être une description correcte et valable de l’ambiance qui se dégage de ces 8 longues plages.

Loscil - Endless Falls

Un beau disque qui se hisse non loin du niveau des productions de Wolfgang Voigt sous le nom de Gas dans les années 1990. Un genre de must quoi.

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Loscil
mardi 9 mars 2010
Toro Y Moi "De l’apprentissage de la légèreté"

Il en est de ces groupes générationnels qui deviennent le symbole d’une période, et qui nous rappellerons toute notre vie les chaussures qu’on portait à cette époque là et quel était notre bar préféré.

Et bien Toro y moi c’est complètement 2010.

Chaz Bundick de son vrai nom (ouai il s’appelle pas Toro en fait) est l’un des petits prodige de cette scène microchillwaveglofi mon cul qui est tout simplement la plus effervescente du moment.

Il vient de sortir son premier album Causers of this en février chez Carpark.

Ce que cela annonce pour 2010 : de la légèreté.

Chaque morceau mixe allègrement du hiphopfunkpop, de la musique d’ascenseur et des nappes de synthés disco complètement incroyables, le tout renforçant cette sensation de flottement qui vous envahit.

L’album est forcément inégal mais c’est inévitable quand on produit des bombes comme 109, Blessa (déjà sorti en single l’an dernier) et Talamak.

Toro y moi - Talamak

Toro y moi - Blessa

Toro y moi - 109

La vraie force de Toro (y moi) c’est de développer notre sens de l’imagination et de projeter chacun d’entre nous très très loin de la réalité.

Essayez ça ne peut faire que du bien.

son blog photo très beau

son site

son myspace

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Toro Y Moi
3 mars 2010
Gil Scott-Heron "Héro malgré lui"

L’Amérique aime célébrer ses héros, particulièrement dans la musique. Pour être un héros, il faut avoir écrit quelques hymnes, avoir ses parts d’ombre (fricoter avec la drogue ou tabasser sa femme) puis revenir en grâce, faire sa rédemption. Avec ça, vous avez droit aux honneurs (et au biopic).

Gil Scott-Heron réunit presque tout cela, sauf qu’en guise de rédemption, il vous met le nez dans la merde. Un anti-héros. Après plus de quinze ans d’absence et quelques passages en prison, I’m new here est le come back le plus excitant qu’il nous ait été donné d’entendre ces dernières années.

Le vieil homme délivre une réflexion sur lui-même. Tout y passe, de son enfance (fabuleuse intro On coming from a broken home) à ses démons en passant par son rapport très ambigu avec la ville de New York. Au delà de ces textes toujours tranchant scandés par cette voix reconnaissable entre mille, Gil Scott-Heron, qui donnait dans le temps des leçons aux rappeurs, montre que même en 2010, il a un temps d’avance.

Ambiances dubstep voire trip hop, reprises impeccables (Smog, Robert Johnson) et guests prestigieux (l’hyperactif Damon Albarn au clavier sur Me & the Devil), ou encore utilisation d’un sample de Kanye West sur l’intro et l’outro, en 28 minutes la messe est dite. Gil Scott-Heron renvoie ses suiveurs au bac à sable et montre la différence entre le talent et le génie.

Gil Scott-Heron - Me and the Devil

Gil Scott-Heron - I’ll take care of you

PS : Boog ce disque devrait te plaire, t’as écouté ?

http://gilscottheron.net/

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Gil Scott-Heron
2 mars 2010
Pisces "Je peux pas, j’ai Pisces"

Faut absolument que je vous parle de ce vieux disque.

En 1969 à Rockford dans l’Illinois, Pisces et Linda Bruner s’enferment en studio avec moultes idées et une quantité non négligeable de champignons hallucinogènes (bon, ok, ça c’est moi qui le rajoute). Le résultat est du niveau de Forever Changes, The Piper at the Gates of Down et la banane du V.U. En gros, le talent de composition de Arthur Lee, les acides de Syd Barrett et l’évidence tordue du Velvet. D’abord, la drogue :

Pisces - Mary

Et ils aimaient l’effet flanger visiblement. Et toutes les possibilités techniques offertes par le studio aussi. Mais ils savaient surtout écrire des chansons imparables. Quand la troublée Linda Bruner y contribuait vocalement, cela devient carrément du génie. Le génie, donc :

Pisces - Sam

Une merveille. Une paire de single, un ou deux inédits, un LP 9 titres sorti à l’époque puis presque aussitôt oublié, A Lovely Sight revient de loin. L’excellent label de réédition Numero Group a eu en 2009 l’excellente idée de remettre la main sur ces enregistrements, les masteriser comme ils le méritent et de sortir un album de 15 titres carrément fabuleux. L’argument massue :

Pisces - The Music Box

Pour info, j’assume complètement le jeu de mot tout pourri du titre de la news. Ouais.

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Pisces
lundi 1er mars 2010
Dominant Legs "C’est fou, c’est chaud"

Dominant legs Aka Ryan Lynch avec les chœurs de Hannah Hunt c’est l’été avant même le printemps.

Le skate // San Francisco // la crème solaire mal étalée // le film de vacances en Super 8 // la Magarita // le sable qui colle // une guitare vaporeuse comme ta robe en liberty : voila à quoi fait immédiatement penser Dominant Legs.

Pour le moment, Ryan Lynch est essentiellement connu pour avoir assuré la première partie de la tournée de Girls , être copain avec Ariel Pink et avoir été interviewé par le très bon Transparentblog.

Ce qui fait qu’on va l’écouter jusqu’à l’été : la mélodie entêtante appuyée par un jeu de guitare assurément influencé par le guitariste de Chic Nile Rogers, des paroles qu’on apprend et qu’on chante dans l’avion qui nous emmène en vacances.

Je vous colle ici mes préférés, qui ne devraient pas tarder à sortir au printemps en EP via Lefse (label de Neon Indian).

Dominant Legs - About My Girls

Dominant Legs - Young At Love And Life

Dominant Legs - Clawing Out at the Walls

Et comme Rock it est toujours au cœur de l’actu, on va se presser à leur concert à la Flèche d’or ce jeudi 4 mars.

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Dominant Legs
Ambient "Dream machine (#2)"

Télécharger

1. Textile Ranch / Plinth (extrait de The rest, i leave to the poor // Make mine music // 2009)
2. Frakkur : I can’t sleep (Songs for the Little Boy // 2008)
3. Paavoharju : Tuoksu Tarttuu Meihin (Laulu Laakson Kukista // Fonal Records // 2008)
4. Stafrænn Hákon : Flosi (Sprengir Ílát // Chat Blanc records // 2006)
5. Mountains : Melodica (Choral // Thrill Jockey // 2009)
6. Boris with Michio Kurihara : ...And, I Want (Rainbow // Pedal Records // 2006)

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Ambient
vendredi 26 février 2010
Josh T. Pearson "Paris - Texas"

"I’m gonna do everything i want... Cause i’m Josh Pearson". Sourire en coin, largement dissimulé dans son interminable barbe, Josh T. Pearson en impose et amuse à sa manière.
En 2001, Lift To Experience sort le double album culte The Texas Jerusalem Crossroads, ou la fin du monde et le retour de Jesus sur la Terre Promise, au Texas, sous fond de tornade sonore. Tout un concept. Sur le trajet nombreux sont ceux qui auront souffert. Avec ses concerts traumatisants le groupe gagne assez vite en notoriété jusqu’à sortir de leur Texas natal prêcher de l’autre côté de l’Atlantique, le chapeau fièrement enfoncé sur la tête et la clope au bec, avec ses quelques mythes plus ou moins vérifiés dans leurs bagages.

Lift to Experience - Falling From Cloud 9 (2001)

Puis tout s’arrête, tragiquement. Là encore plusieurs légendes sur cette fin subite court toujours et se déforment dans les fins fonds enfumés de deux ou trois saloons Texans. Une histoire de bottes. Certains, entre deux whiskys, affirment connaître la vérité. Isolé puis rescapé, Josh T. Pearson quand à lui s’en va aujourd’hui seul en croisade, loin de tout ça, exilé à Paris. Des apparitions ici et là, collaborations au compte gouttes (récemment avec Warren Ellis de Dirty Three ou Bat For Lashes), et sa part de mystère. Son album serait en cours d’enregistrement, pour de bon cette fois, Josh en donne sa parole.

Hier soir à la Flèche d’Or, il aura fait court devant ce petit rassemblement de fidèles absorbés par chacune de ses paroles. En cow-boy solitaire, ses chansons ont le même tranchant que celles de Lift to Experience et la même profonde conviction qui habite l’énigmatique personnage, dont le regard semble clairement annoncer qu’il est bien loin d’avoir terminé de régler ses comptes.

Josh T. Pearson - Sweetheart, I ain’t Your Christ (Live, ??)

Myspace Bella Union

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Josh T. Pearson
dimanche 21 février 2010
Beach House "Teenage dream pop"

Certes ce n’est pas Rockittothemoon qui va vous faire découvrir Beach House. Pas aujourd’hui en tout cas. Oh c’est pas l’envie de défendre l’envoutant Teen Dream, digne 3ème album, qui m’avait manqué voilà plusieurs mois, pas longtemps après quelques lignes ici même sur les Fiery Furnaces dont le destin m’avait rappelé plus ou moins celui de Beach House pour leur discrétion assurée.

Gila (Devotion - 2008)

C’était quelques temps après un Nouveau Casino à moitié vide en pleine canicule aoûtienne, le groupe de Baltimore venait présenter Teen Dream avant Vetiver. Depuis la sortie de l’album fin janvier difficile de passer à côté, reviews et articles un peu partout, Beach House est sur un petit nuage et à juste titre LE groupe de ce début d’année. Car oui, ce Teen Dream mets la barre très haute et laisse entrevoir un groupe parfaitement en adéquation avec sa musique, pleine d’ampleur et d’intensité grâce à une production plus pointilleuse par rapport à ses prédécesseurs.

Silver Soul (Teen Dream - 2010)

Premier concert en France comme des grands hier soir à la Maroquinerie dans laquelle il sera difficile de se faire une petite place cette fois. Ambiance feutrée, sur scène Beach House c’est avant tout une alchimie parfaite, entre le duo Victoria Legrand et Alex Scally, entre tension et passion, entre une voix fascinante et un son atmosphérique : voilà la recette unique de leurs ballades pop qui sentent bon les longues journées d’été à rêvasser en sirotant quelques bières.

Walk in the park (Teen Dream - 2010)

Beach House live en video un peu partout sur le web : Pitchfork Route du Rock hiver At the interface
Site officiel

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Beach House
14 février 2010
The Warlocks "A song for the soul (#6)"

Un larsen plaintif et maîtrisé, 3 notes de guitares répétées jusqu’à plus soif, une atmosphère ultra plombée, une voix au bout du rouleau à peine audible, Slip Beneath est certainement un des morceaux les plus réussis et représentatifs des Warlocks, disons dernière période (soient Heavy deavy skull lover et The mirror explodes, respectivement avant dernier et dernier albums du groupe de Bobby Hecksher).

The Warlocks - Slip Beneath

Au bord de l’overdose.

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The Warlocks
12 février 2010
Heather Woods Broderick "From the ground to eternity"

Heather Woods Broderick, soeur de, n’a rien à envier à Peter Broderick, frère de. D’ailleurs dans la famille on a décidé la jouer collectif. Sur l’album de la soeur, le frère est aux manettes. Le résultat : un disque envoutant, fragile, réussi.

Guitare folk et piano plongés dans une ambiance cotonneuse, la voix de Heather Woods Broderick navigue entre celles de Cat Power et Hope Sandoval. Voila pour les comparaisons.

Heather Woods Broderick - The colors

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Heather Woods Broderick
Notre sélection du moment

Gil Scott-Heron - I’m new here

Plinth - Albatross

Seabear - We Built A Fire

Loscil - Endless fall

Beach House - Teen dream

Toro Y Moi - Causers of this

The Brian Jonestown Massacre - Who killed Sergent Pepper ?

Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra - Kollaps Tradixionales

Heather Woods Broderick - From the ground

Mokira - Persona

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