Terror Bird

Primavera Sound 2011

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14 juin 2011


Primavera Sound 2011 "Episode3 : 28/05/11"

SAN MIGUEL PRIMAVERA SOUND 2011 - BCN Quand j’ai ouvert les yeux, le monde avait changé, los Indignados avaient été assiégés. Ça a commencé avec un putain d’hélicoptère qui tournait, partait, revenait et qui, le (...) [+]


mardi 14 juin 2011 Posté par Manu Commenter » Primavera Sound 2011


10 juin 2011


Primavera Sound 2011 "Episode2 : 27/05/11"

SAN MIGUEL PRIMAVERA SOUND 2011 - BCN Comment diable réagit un organisme quadragénaire plongé trois jours durant dans un bain de rockitude indé San Miguelisée ? Pas trop mal. Au début, disons. Il paraît que (...) [+]


vendredi 10 juin 2011 Posté par Manu Commenter » Primavera Sound 2011


9 juin 2011


Primavera Sound 2011 "Episode1 : 26/05/11"

SAN MIGUEL PRIMAVERA SOUND 2011 - BCN Comment diable réagit un organisme quadragénaire plongé trois jours durant dans un bain de rockitude indé San Miguelisée ? C’est la question que je me posais, avec un (...) [+]


jeudi 9 juin 2011 Posté par Manu Commenter » Primavera Sound 2011


14 juin 2011


Primavera Sound 2011 "Episode3 : 28/05/11"

SAN MIGUEL PRIMAVERA SOUND 2011 - BCN

Quand j’ai ouvert les yeux, le monde avait changé, los Indignados avaient été assiégés.

Ça a commencé avec un putain d’hélicoptère qui tournait, partait, revenait et qui, le plus souvent, sembler stationner. A la verticale de quoi ? De jeunes Catalans qui comme leurs cousins Madrilènes, squattaient la place principale de leur métropole. Mais ça, on ne l’apprendra que plus tard. On ne le voyait même pas l’hélico, mais c’était comme s’il avait décrété qu’on ne devait pas se rendormir une fois réveillés, ni les Indignados, ni nous, gentils festivaliers vaguement indignados quand-même. Salaud.

De jeunes journalistes Barcelonais croisés en soirée au Chill Out nous raconteront comment les forces de l’ordre ont d’abord utilisé des camions poubelles comme bulldozers pour tenter de nettoyer la Plaza de Cataluña de ses contestataires. Raison officielle : le FC Barcelona risque de remporter ce soir la finale de la Champions League, et c’est ici que les Socios du Barça viendront fêter la victoire. Dégagez ! Futé et indiscutable, compte tenu de l’intégrisme footballistique d’une grande partie de la population.

En attendant, on n’a pas l’air trop frais, en ce samedi matin bien attaqué. Grosse fatigue, même, qui s’incrustera durablement. Le sport n’a pas fini d’infléchir le cours de la journée, puisque pour une partie de notre équipe, la priorité de cet après-midi, c’est la demi-finale du Top 14 opposant le Montpellier Hérault Rugby Club à je ne sais plus qui. (J’ai cessé d’attendre l’illumination divine qui me rendrait accro aux sports d’équipe comme je le suis à la musique).
Ignorant les sirènes de l’ovalie qui retiendront nos camarades prisonniers d’un cyber café du centre ville, le binôme espingouin de notre petite communauté s’engouffre dans le métro direction Forum, histoire de ne pas rater Yuck à 18h.

Evidemment, à deux de tension, c’était couru ; on ne court pas. Caramba, encore raté ! On est tellement à la ramasse qu’on opte pour une séance shopping parmi les dizaines de stands présents à l’entrée du site.

These charming girls

Et c’est Warpaint qui se charge de nous ouvrir les chakras. Le quatuor de Sylvidres californiennes semble en totale osmose avec le vent solaire, qui fait parfois voler leurs chevelures, presque comme dans le clip de leur « tube » Elephants – joué en toute fin de set -. L’entrée en matière est un poil chaotique, avec un soundcheck visiblement expédié sur l’intro du premier morceau, mais tout se stabilise rapidement autour d’un mid-tempo régulier. Après une journée carrément « down tempo », ce très léger emballement est plutôt bienvenu. Les voix éthérées des deux chanteuses/guitaristes s’entremêlent ou se répondent, agissant comme un baume réparateur. Le public ondule doucement, comme des centaines d’algues remuées par ce courant doux, parfois frisquet lorsqu’au détour d’une ligne de basse s’invite l’orthodoxie cold wave. On glisse – parfois à l’intérieur d’une même chanson – d’un groove alangui évoquant un ESG light à des volutes de guitares apprises chez Robert Smith. L’ensemble, parfaitement charmant, réserve son lot de petits frissons exquis, conformément à ce que j’en attendais.

Grosses mailles et briconautes

On reste avec les yankees, mais sur la grosse scène San Miguel, cette fois-ci, où débarquent les indie babos de Seattle Fleet Foxes. Leur set est à l’image de leur premier LP, gorgé d’harmonies vocales à la justesse et à l’inventivité sidérante et de mélodies renversantes. Pour tout dire, on s’emmerde un tout petit peu sur les 3 ou 4 titres du nouvel album – pas encore écouté - qui ouvrent le concert, mais on exulte ensuite sur ceux du premier, merveille harmonique difficilement égalable. C’est peut-être un poil trop propre et fidèle au disque – un exploit, tout de même -, mais ça reste sacrément brillant et enthousiasmant. Un petit rappel de ce qu’on a déjà raté aujourd’hui ? Papas Fritas et Gonjasufi. Ah oui, et Yuck, aussi. Pfff….

Changement de décor. Set de tubes métalliques percutés avec force, disqueuses en folie ; c’est toute la Ruhr industrieuse qui s’exprime bruyamment autour du contremaître Blixa Bargeld. Je n’ai jamais été un adepte forcené de Einstürzende Neubauten, mais la curiosité l’emporte. L’ex Bad Seeds enchaîne les cris qui paralysent, façon Docteur Justice (oui, bon, c’est un peu daté comme référence). Je mentirais en jurant que ça me passionne, mais c’est juste assez stimulant pour éloigner ce fâcheux besoin de roupillon qui m’assaille alors que le jour décline à peine. Ce que ma carcasse réclame par dessus tout, c’est une lichette de taurine, mélangée à une larme d’alcool polonais, je crois. Et là, on rate quoi, au fait ? Kurt Vile, Money Mark et Gang Gang Dance, rien que ça.

Dame Blanche

Après, c’est la grande dispersion. Certains, revenus de leur qualification en finale du Top 14, squattent déjà la scène ATP (Money Mark, Galaxie 500 revisited), mon spanish binôme reste scotché aux teutons des nouveaux bâtiments pas finis, et pour ma part, je m’échappe solo vers la scène San Miguel, histoire d’être aux premières loges pour PJ Harvey.
Ok, ce n’est sans doute pas le lieu indiqué pour ce genre de confession ; les gens au goût raffiné qui fréquentent cet éminent blog pourraient bien en avoir des vapeurs, mais je l’avoue pourtant : l’une des principales raisons de ma présence à Bcn, c’est mon inclination coupable pour Miss Harvey. Je sais que son nom – parmi d’autres, disons Radiohead, au hasard -, est devenu synonyme d’intolérable consensus et d’entorse méprisable à l’undergrounditude, et qu’il agit désormais tel un aimant à sarcasmes auprès de tout valeureux gardien du temple indie qui se respecte. M’en fous.
J’ajouterais bien que la qualité d’un propos artistique ne me paraît pas soluble dans le surnombre - prétendu ou avéré - de ses récepteurs (ah, tiens, je l’ai fait), mais je doute que ce soit très persuasif. Plus simplement : la dame blanche emplumée a donné un concert juste parfait. Des chansons parfaites, des musiciens parfaits ( Mick Harvey des Bad Seeds, John Parish et Jean-Marc Butty, en garde rapprochée ultra efficace), un répertoire parfait, panachage malin de son Angleterre secouée – avec autoharp, comme il se doit - et de classiques - C’mon Billy, Meet Ze Monsta, Down By The Water, The Sky Lit Up -, une scéno ultra dépouillée, une interprétation frisant la perfection, un professionnalisme qu’on pourrait, par distraction, confondre avec de la froideur désincarnée, mais qui pour moi n’occulte jamais l’émotion ; Bref : un moment intense, généreux, tout à l’opposé de ce que j’avais ressenti quelques années auparavant aux arènes de Nîmes sur la médiocre tournée « Stories from the City », par exemple.... Mon concert number one de cette édition 2011, boudé par mes collègues, évidemment.

« People of Spain, rise up ! » (Michael Gira / Swans)

Après ça, je peux bien m’enquiller des tartines de bouse, que j’aurais de toutes façons amorti mon voyage. Je trace rejoindre mes béotiens de compagnons massés devant Dean Wareham et sa copine Britta, occupés à ressusciter G500 sans Damon & Naomi, ouh les vilains. Trop de monde, j’y vois rien, et c’est presque fini. On se retrouve pour filer vers Llevant, destination Mogwai. La migration ressemble à un exode, on arrive sur une terre promise qui peine à tenir ses promesses : son approximatif, chétif, crachotant par moments. Et puis c’est assez mollasson, il faut bien l’avouer. Encore une fois, c’est un groupe de Glasgow qui « fait les frais » de notre impatience. Sans toutes ces sollicitations, tentations et promesses permanentes de Primavera, on aurait sans doute pris la peine d’attendre quelques titres avant de porter un jugement aussi péremptoire. Mince, c’est Mogwai, quand même ! Mais là, non ; on bat en retraite sans trop de regrets direction Swans.
Autant dire direction l’inconnu, en ce qui me concerne.
Et comme je ne m’attendais à rien de particulier, j’ai réellement pris une énorme claque. Franchement, je ne me souviens pas avoir jamais rien vu auparavant d’aussi radical, extrême et captivant à la fois. Apocalyptique tant au niveau du son que du propos, effrayant parfois, bien plus que tous les groupes de death grind doom guignolo métal réunis au Hellfest de Clisson. Michael Gira n’a pas besoin de recourir au sempiternel décorum sataniste pour vous glacer les sangs ; il lui suffit de scander d’une voix monocorde « I WAAANT YOOUUU TOO BEEE MYYY FAAATHEEEEER ! », porté par sa tribu concentrée sur un seul « accord ». Pour résumer, les Swans, c’est un peu comme si Godspeed You ! Black Emperor avait opté pour un désespoir ultra colérique plutôt qu’ultra extatique, avec un frontman - chef d’orchestre quinquagénaire anarcho autonome entouré de guerriers hyper soudés et furieux qui cognent sur tout ce qui leur passe par les mains (guitares, gongs, etc..). Les Swans ne cherchent pas à séduire, plaire ou distraire ; ils ignorent délibérément tout code esthétique qui pourrait les affilier, assujettir ou rapprocher de telle ou telle mouvance. On pourrait même croire qu’ils n’attendent pas du public la moindre connivence ou adhésion ; ils font ce qu’ils croient devoir faire, dénonçant implicitement et sans ostentation la multiplicité des cadres et des systèmes qui les cernent, Primavera inclus. Ok, ça sonne peut-être pompeux et cliché, dit comme ça, mais c’est en tout cas ce que ça dégage, et puissamment, en plus. Situ, Swans  ? à don’f !!! Guy Ernest Debord meets Kurt Cobain meets Sun(((o))). Enorme surprise et mandale mentale. Ouais.

Il nous faudra bien quelque San Miguel et une escale chill out – notons au passage que le gazon en plastique est logiquement devenu assez crado au bout du troisième soir - pour récupérer avant le gros morceau Animal Collective. Evidemment, on change de propos, de langage, de planète. Esprit guinche, tantôt afro, tantôt martien, configuration étonnante ; Avey Tare omni-chantant à gorge déployée, Panda Bear on the drums, Geologist à son desk, frontale virevoltant, et le revenant Deakin tirant de sa guitare des sons qui n’ont rien à voir avec l’idée qu’on se fait habituellement de la guitare dans le rock. De fait, c’est bien un groupe de rock – visuellement, en tout cas - qui occupe ce soir la gigantesque scène, alors que les animaux semblaient jusqu’à présent assez soucieux de casser cette sacrosainte image.
Mais ce n’est qu’une ruse, bien sûr, puisqu’ils mettent les bouchées doubles au niveau sonore : ça part dans tous les sens, c’est déroutant au possible, avec un art consommé du zig zag. Trop, peut-être ; pas le temps de s’installer dans une ambiance que déjà on est ailleurs, très loin. On dirait que l’intention est davantage de semer le public que de voyager avec lui. Pourquoi pas, mais fatalement, ça laisse du monde sur le bord de la route.
Si bien qu’on assistera juste après le concert à une belle bataille d’insultes et de San Miguel (le tout projeté à la bouche) entre un « pro » et un « anti » Animal Collective de notre proche entourage. Ouais, bon, il est tard, on est sur la fin, on peut bien se permettre un peu de n’importe quoi, non ?

« Anges déchus, nous serons les rois » (Loup de Foix, vers 1987 après JC)

Alors il reste quoi ? Eh ben les Black Angels que notre trio de survivants descend voir chez Pitchfork, à 3h15. Les deux autres sont à don’f, et moi juste très fatigué. Mais je suis aussi un poil plus vieux, il faut dire.  Et puis il semblerait que pour savourer les anges noirs comme il faut, certaines substances, auxquelles j’ai renoncé, sont particulièrement indiquées. Donc, loin de l’enthousiasme débordant de mes compères, je trouve ça très bien mais pas "waaaaooooooow". Le son est très bon, effectivement, les chansons bien écrites, le souci du détail sonore – une guitare différente pour chaque morceau, en gros - impressionnant, l’attitude comme il faut, les dérapages hululés – à la Jeffrey Lee Pierce - du chanteur font leur petit effet le long de l’échine, mais tout ça me semble globalement un poil attendu, conventionnel, balisé, trop soucieux de paraître, de coller à un registre ultra ciblé (rock US néo psyché lysergique qui irait de BJM aux Warlocks, pour faire vite)  Donc en un sens, assez convenu et paradoxalement sage, au regard de pas mal de choses vues ces trois derniers soirs, voire ces dernières heures (le souvenir de Swans est encore cuisant). Cela dit, objectivement, c’est une conclusion de très haute tenue pour ces trois jours de dinguerie musicale absolue.

Ensuite, c’est l’ascension du Golgotha - Pitchfork >>> Salida - avec notre croix imbibée de San Miguel, des jambes en polyuréthane expansé, des corps hésitants face aux lois de l’apesanteur, la traversée tapageuse, par des milliers de spectres, de vastes champs littéralement couverts de gobelets en plastique déchiquetés, le franchissement héroïque, à la sortie du Forum, de cordons serrés de vendeurs Pakos de bières (et plus si affinités monétaires), l’avalement jusqu’à l’indigestion, par le métro barcelonais, de nos êtres harassés et ravis. Une belle collec’ de cartes postales de l’enfer, ou du déclin de la civilisation, qu’on gardera précieusement en mémoire.

Merde, on a raté Shellac ; faut revenir l’an prochain.


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10 juin 2011


Primavera Sound 2011 "Episode2 : 27/05/11"

SAN MIGUEL PRIMAVERA SOUND 2011 - BCN

Comment diable réagit un organisme quadragénaire plongé trois jours durant dans un bain de rockitude indé San Miguelisée ? Pas trop mal. Au début, disons.

Il paraît que le second jour est le plus dur. Bof, non, ça va. Tout au plus, une gêne légère dans la région sub-ombilicale, rien de méchant. D’ailleurs, on débute la journée dans un petit bar à petite friture que je déconseille fortement. Ok, c’est succulent, authentiquement peuplé d’authentiques autochtones muy tipicos, mais c’est minuscule, archi blindé, et le niveau sonore des conversations explose tranquillement celui d’un concert de Suicide, au hasard. Moi je m’en fous, je suis sourd comme un pot, mais je préfère vous épargner ça. C’est bien simple, je ne vous donne même pas l’adresse.

Sonotone Crète

Bon, on n’est pas là pour faire du simili Klapish du Routard. Arrivera t-on au Parc Del Forum à temps pour Avi Buffalo à 18h ? Eeeeh non, bien tenté. Il est 19h, j’ai l’impression que la populace festivalière a doublé depuis la veille. Les gradins de la scène Ray-Ban restent malgré tout encore abordables. Un sms tombe : « y a sonic boom a cote de nous dans les gradins ». Fichtre, vite, allons voir ça ! Au fait c’est quoi le groupe qui joue, là ? Ah oui : Monochrome Set. Ouais… disons : sobre, assez élégant, mais pas très vibratile, tout ça. Peter Kember est bien là où on nous l’indique, ça nous distrait quelques minutes, mais on aurait mieux fait d’aller voir The Fiery Furnaces. Bon, Llevant, c’est loin, certes, et il reste deux ou trois trucs à picorer dans le secteur.

A commencer par de la nourriture. Ou quelque chose d’approchant. Ce sera finalement apéro fast foodatoire au stand Jack Daniel’s, qui fait aussi dans le hamburger, figurez vous. Picorage et grappillage seront d’ailleurs les maîtresses mamelles de ce début de soirée où l’on se montrera infoutus de voir et d’entendre autre chose que des bribes de concert, au mieux.
On rate donc à nouveau Avi Buffalo qui rejouait quelques titres acoustiques sous la tente Ray-Ban Unplugged. D’un cheveu, cette fois ; le dernier accord du dernier morceau résonne au moment ou on débarque. On rate aussi la sensation James Blake, parce qu’évidemment, la scène Pitchfork, tout en bas là-bas (tu mouses moun salade ambalaba), à l’ombre du colossal portique photovoltaïque, est proprement inaccessible, prise d’assaut par au moins la moitié du public présent sur le site. Tant pis, on retentera sans doute un mois plus tard, à Sète, au WWF.
On attrape au vol quelques notes countrysantes de M.Ward qui ne nous retiennent pas plus longtemps à San Miguel. Nous sommes deux à tenter l’aventure The National qui joue à l’autre bout des terres Primaveriennes – terres sablonneuses, en l’occurrence -, sur la scène Llevant. La distance et l’affluence (l’autre moitié du public, au bas mot) nous dissuadent à mi-chemin ; repli sur Ray-Ban où l’on peut au moins s’asseoir. Enfin, croyait-on. Si le pouvoir d’attraction du fossile post punk reconstitué est globalement inférieur à celui de la pitchforkerie rutilante, il semble que Pere Ubu soit l’exception. A la réflexion, je crois que ma théorie ne vaut pas un clou, si l’on se remémore les foules massées la veille devant P.I.L. et Suicide. Toujours est-il que le public déborde, en nombre (encore une moitié de la totalité des Primavéreux ? Décidément c’est incroyable, toutes ces moitiés ! Mais d’où sortent ces gens ?) autant qu’en enthousiasme.

On se laisse agréablement surprendre, mais sans perdre de vue nos vrais objectifs, qui dès lors, divergent ; Jad Fair et ses semi japonais pour les uns, et un florilège de Pitchforkeries rutilantes pour nous autres quadras, qui sommes encore tellement jeunes dans nos têtes que tu le crois pas.

Wouaaaarggghhhh !!! (Peter Kember, quand tu lui écrases le pied)

Si tel est son bon plaisir, Lou Weed vous narrera peut-être comment, un peu plus tard dans la soirée, il a écrabouillé le pied de Sonic Boom - par désœuvrement, sans doute -, et comment c’était bon, Half Japanese, à ce qu’il parait.
Mais concentrons nous plutôt sur Ariel Pink’s Haunted Grafiti petit prince pop à l’allure et aux chorégraphies, hmmm… inspirées. Le multi-instumentiste solitaire scotché à son magnéto quatre pistes - que naïvement on imaginait - n’existe pas. En tout cas pas sur scène, où le Californien se révèle showman flamboyant, plein de candeur, héraut d’un mauvais goût totalement assumé - saharienne 3 Suisses bleu layette, marinière glissée dans le jean - avec son balancement chaloupé de crinière péroxydée top wiiizz, ses refrains poppy au glucose et ses mélodies eighties enrobées de papier tue-mouches. L’ensemble pourrait rapidement virer au cauchemar odieux si le moindre grain de cynisme ou de second degré venait à se glisser dans ces rouages. Ce n’est jamais le cas, et même si la légèreté affichée n’est pas feinte, on n’est pas pour autant chez les Fatals Picards. La musique, pour Ariel et son crew, c’est hyper sérieux, mec. Peu importe que l’un des guitaristes ait un look de prof de SVT, ou que le bassiste semble sorti d’un groupe kraut japonais seventies. Reste que ce concert enlevé, baroque, scintillant, s’avère passionnant de bout en bout, et qu’il était temps, après nos errances tièdes et indécises de début de soirée.

Cocagne

Je ne sais pas combien de marches séparent Pitchfork de San Miguel, mais je parierais sur un bon gros nombre à trois chiffres. N’empêche, à ce stade de la soirée et du festival, j’ose fanfaronner que je les sens à peine, les marches. OK, demain, je ferai moins le malin, ça sera même carrément Stairway to Hell, et particulièrement après l’ultime concert du bout de la nuit qui se tiendra comme de juste chez Pitchfork.

Pour l’instant, tout baigne. Upstairs, c’est Stuart Murdoch et ses aimables godelureaux de Glasgow qui squattent la scène principale avec leurs chansons pour éternels étudiants. Pour une raison que je ne saurais expliquer, ça n’a jamais vraiment collé entre Belle and Sebastian et moi. C’est donc plus par curiosité que par réel intérêt que je m’attarde un peu par ici. Pas très longtemps, à vrai dire. Ce ne sont ni le lieu ni le moment indiqués pour tomber raide dingue des Ecossais qui à l’évidence, n’ont rien de bêtes de scène. Le son est riquiqui, on se croirait presque à une kermesse pour dames patronnesses. L’offre exorbitante et l’ambiance effervescente de Primavera transforment chaque déception en désinvolture consumériste, et chacun de nous, jeunes ou vieux, en enfants gâtés, blasés, du pays de Cocagne. Rendez-vous manqué ? Pas grave ; on redescend fissa à Pitchfork pour une des révélations les plus prometteuses de ces derniers mois : Twin Shadow.
Chez Twin Shadow, les sons de synthés scintillent comme au temps où, avec son DX7, Yamaha craignait encore dégun, et surtout pas Roland et ses séries palindromes (808, 909, kayak, etc). Retour vers le futur garanti, donc. Pour un peu, je me crêperais à nouveau la tignasse et je ferai des moulinets avec les avant-bras, genoux joints, corps secoué de spasmes. Mais bon, j’ai ma dignité ; je renonce. Le moustachu George Lewis Jr, quant à lui, est tout sauf timoré lorsqu’il s’agit de reproduire scrupuleusement l’esthétique sonore des early eighties. La new wave, c’est lui qui vient de l’inventer, tu vois ? Et il semble si sincèrement convaincu que ça passe. Sa guitare ne parle que le Chorus/Flanger/Delay, ses mélodies sont parfois aussi catchy et bigarées que celles d’Ariel Pink, et comme chez ce dernier, un cocktail de générosité et de candeur suffit à redéfinir, voire pulvériser les frontières entre bon et mauvais goût.

Bozo

Après ce doublé gagnant, c’est Deerhunter que l’on court retrouver à la lisière sud du site, et là, pas question de lambiner ou de faire la fine bouche sous prétexte que c’est loin et surpeuplé. Il faut donc signaler que depuis le début du festival, Deerhunter est le premier groupe que l’on voit ARRIVER sur scène. Et on ne partira pas avant qu’ils l’aient quittée. Non mais !
C’est peu dire que l’attente était grande ; elle ne sera pas déçue. On ne peut pas affirmer que l’immédiateté mélodique - qui caractérisait pour l’essentiel nos deux concerts précédents - est ici totalement absente ; elle est seulement pervertie, savamment cintrée jusqu’à fricoter avec le point de rupture.
En dépit de sa silhouette frêle et altérée par le fameux syndrome de Marfan, Bradford Cox demeure la robuste colonne vertébrale de Deerhunter, et sa voix en est indéniablement le tuteur. Rien de démonstratif ou de spectaculaire, pourtant ; juste une force tranquille, comme dirait l’autre crevard à Rolex ; une détermination sans faille et le plaisir évident d’offrir à la pop une ballade inédite sur des sentiers plus malaisés que d’ordinaire. Le concert est concis, puissant, touchant ; tout est en ordre, tout sonne beau et intelligent. Grande leçon de ce soir : le port du pantalon de Bozo le clown est tout à fait compatible avec le génie pur et simple. Eblouissants Deerhunter.

No Pasaran !

Bon, il faut bien reconnaître que la fatique commence sérieusement à se fait sentir. Nous voilà aimantés par les poufs jaunes du chill out, où l’on retrouve le reste de la troupe. Comptes-rendus circonstanciés des uns, endormissement fulgurant des autres, dans le brouhaha et la promiscuité avachie d’une certaine jeunesse occidentale, majoritairement anglo-saxons et espagnole. Tandis que sur l’écran géant tout proche, Jarvis Cocker débute sa séance d’aérobic, une discussion s’engage où chacun relate l’imbrication de son histoire familiale perso dans la grande Histoire du XXeme siècle. Des histoires de Common People, en somme ; sans doute la portée politique de Pulp qui se manifeste ainsi par rebond pernicieux. Voilà qui nous occupe en tout cas jusqu’à la fin du show des gars de Sheffield, suivi d’une oreille distraite en raison de cette pause plus que nécessaire sur gazon synthétique. Dommage.

On s’est tout de même un peu rechargé pour notre – à priori – dernier objectif de la soirée : Battles. Pas la peine d’espérer sautiller sur leur fameuse comptine électro-schtroumpf Atlas. On a lu précédemment que le départ de leur voix pitchée les a rendus aphones sur scène, et contraints à ne jouer que leurs nouveaux titres, inconnus d’une grande partie du public. La curiosité est titillée par l’apparition sur les écrans de Kazu Makino de Blonde Redhead pour un vocal featuring virtuel. Pour le reste, c’est bien sûr ultra énergique, joliment expérimental, mais il faut admettre que la fougue des math-rockers new yorkais – le batteur dégouline littéralement alors qu’on ne sent que de très éparses gouttes de pluie - se dilue un peu dans le gigantisme des lieux. Et vu l’heure avancée – environ 4h -, on est finalement assez peu réceptifs à cette démo. Il est donc temps d’aller faire une dernière fois la queue, devant la bouche de métro, en attendant son ouverture. Hasta luego.


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9 juin 2011


Primavera Sound 2011 "Episode1 : 26/05/11"

SAN MIGUEL PRIMAVERA SOUND 2011 - BCN

Comment diable réagit un organisme quadragénaire plongé trois jours durant dans un bain de rockitude indé San Miguelisée ? C’est la question que je me posais, avec un soupçon d’appréhension, avant d’enquiller l’autoroute - limitée à 80 -, de Barcelone, en ce jeudi 26 mai. Une fois la question éludée, je mettrai ce morne trajet à profit pour enseigner l’art de la guerre dans le blind test à trois - plus ou moins jeunes – Padawans. Plutôt mauvais perdants, d’ailleurs.

Voilà des années que j’opposais aux sirènes du San Miguel Primavera Sound une surdité têtue. Et de plus en plus pénible. A défaut de me restituer toutes mes facultés auditives, la programmation vertigineuse de cette édition 2011 aura tout de même eu raison de mes renoncements répétés. Balayés, les « C’est trop loin, c’est trop cher, y’a trop de gens, ‘chuis trop vieux, gna gna gna .. ». Hey, ho, let’s go. Nous voici donc au milieu des buildings pimpants de Poble Noù, gravissant, le cœur léger, la pente douce qui mène au Parc Del Forum. Vu les kilomètres de barrières en zigzag censés contenir les files d’attente aux guichets, on se félicite d’être venus récupérer nos pass en milieu d’après midi.
Et on s’en félicite à nouveau à 19h, lorsqu’on revient franchir les différents sas d’accès au site. Ce n’est pas pour autant que l’attente nous sera épargnée au cours des trois soirées à venir. Première illustration d’emblée avec Sufjan Stevens dont on aurait bien aimé sentir l’Illinoise, l’âge d’Agdz et le reste, mais ça semble compromis ; comme on ne s’est pas inscrit en ligne pour le tirage au sort - qui ne nous aurait d’ailleurs pas forcément assuré un siège à l’Auditori -, il faut faire la queue, sans guère plus de garantie de succès. Deux d’entre nous s’y risquent. Et ça paiera au bout de 50mn, tant mieux pour eux, les bâtards.

« Jamais ne te cache » (Raymond Ban)

Avec le reste de la troupe, on se dit qu’on n’est pas là pour poireauter comme des ânes ; on file donc voir la fin de Moon Duo sur la scène Ray-Ban.
Petite parenthèse « tendance/accessoires » : les deux tiers des gens croisés en ce début de soirée encore très ensoleillée (mais ça se confirmera tout au long des trois jours) arborent crânement leur paire. De Ray-Ban, je veux dire. Et pour la moitié d’entre eux, c’est évidemment le modèle Wayfarer dans ses innombrables déclinaisons. Suggestion aux organisateurs pour 2012 : penser à inviter le Bob Dylan circa 1965 ; ça fera hyper raccord, pour le sponsor.
Moon Duo, donc, duo/couple sorti des rangs de Wooden Shjips. Elle : héritière semi nipponne de Martin Rev, balançant nonchalamment sa chevelure corbeau de gauche à droite et vice versa au dessus de ses claviers ; lui : héritier hirsute de Charles Manson, jolie barbe druidique striée poivre/sel, Wayfarer de rigueur et guitare AirLine Res-O-Glas blanche (la même que PJ Harvey le surlendemain !) d’où surgissent des sons qui font penser à la drogue dans l’espace et à la nuit dans les catacombes, en alternance, et parfois simultanément.
Belle mise en bouche psyché synthé minimaliste droguée qui aurait mérité de jouer un peu plus tard pour dégager tout son arôme. En un sens, c’est là une entrée en matière festivalière assez proche de ce qu’en sera l’issue, une soixantaine d’heures plus tard avec les Black Angels. Pour ce qui nous concerne, du moins, mais on y reviendra.

Pour l’instant, il fait soif. Pas trace de ces légendaires « ticketos » buvables qui auront apparemment pourri la vie des festivaliers lors des éditions passées. En lieu et place, la version informatisée du cauchemar, soit une tarjeta chargeable, décharcheable et rechargeable à volonté. Ça, c’est dans les rêves les plus fous des organisateurs.
Dans la vraie vie, on fait la queue trois quarts d’heure pour créditer la carte, puis trois autres quarts d’heure pour arriver jusqu’aux serveurs débordés qui sont désolés, hombre, mais ça marche pas, la maquina no functiona, lo siento.
Le système sera bien évidemment abandonné dès le lendemain suite à ce fiasco massif, au profit d’un procédé complètement révolutionnaire : tu fais (moins) la queue, tu commandes, tu paies avec de l’argent et tu repars avec ta San Miguel. Génie.
Entre temps, il aura bien sûr fallu refaire la queue pour se faire rembourser le crédit restant sur la carte. Hé bé oui.

« We’re the only friends you have in the entire music industry, because we don’t want their fucking money ! » (John Lydon / P.I.L)

Après cette passionnante aventure, on parvient à attraper la fin de Ducktails. Du moins, la fin d’une chanson qui s’appelle "Thank you Barcelona, we love you, good night", et que de nombreux groupes joueront aussi ce soir là. Ducktails sont jeunes avec plein de guitares et de cheveux, ça devait être pas mal.

On trace doucement vers la scène Llevant, à 10 km de là, pour les immarcescibles Public Image Limited. Moins immarcescibles que casse couilles, en fait.
Lydon serait bien inspiré de retourner faire son Patrick Sebastien à la TV de sa majesté après avoir ramassé le pactole de son great rock’n roll swindle 2.0. Bon, j’exagère sans doute un poil, mais franchement, on s’ennuie. L’idée de remplacer la guitare par un saz électrique sur « (This Is) Not A Love Song », c’est sympa, mais si on avait voulu voir Emir Kusturica, ou Marcel et son Orchestre, on serait allés à Skabazac, ça nous aurait coûté moins cher, tu vois, Johnny ? Quoi, c’est mort, Skabazac ? Ah merde…
Cette cloche de Rotten s’autorise quand même une remarque tout à fait pertinente et top crédible sur l’industrie de la musique qu’elle est méchante. Guignol, va.

La nuit tombe sur la Ville des Prodiges, on décide qu’il est temps de migrer vers un autre papy punk, version Antipodes cette fois, en espérant que l’âge de tous les vénérables capitaines présents cette année ne rende pas chacune de leurs prestations aussi fade et inutile que celle à laquelle on vient d’assister.

On s’arrête en chemin parce qu’il fait soif et aussi parce que Connan et ses Mockasin s’apprêtent à entonner le tubesque "thank you, good night".
Le jeune blondinet - des Antipodes lui aussi - est entouré de deux geishas façon Sparks, ça sonne heighties à souhait, c’est bien fichu et mignon comme tout ; On regrette juste de n’avoir pas zappé plus tôt Pubis Infect Lessivé.

Je viens à peine de commencer ma collec’ de regrets et de frustrations Primaveriennes. Non. En réalité, elle a commencé bien plus tôt, quand il a fallu se résoudre à surligner tel nom plutôt que tel autre dans la liste pléthorique des artistes invités pour ce triple ou quadruple festival. Tiens, un exemple : il est 23h. On va où ? The Walkmen ? Glenn Branca Ensemble ? La fin de Blank Dogs ? Comment accède t-on aux capsules de dédoublement ? Le pass donne t-il droit au don d’ubiquité ? Un petit coup d’œil à la liste imprimée avec noms surlignés au stabilo fluo me rappelle que la priorité du moment s ‘appelle Grinderman. Le mieux est encore de faire fi des regrets et frustrations pour se laisser gagner par la joie. Il me semble que c’est à ce moment là qu’on commence à pisser un peu partout, tellement on est contents d’être là.

Raspoutine

On file donc vers la trop gigantesque scène San Miguel pour voir papy Nick Cave et ses copains barbus faire le rock. Notre unique « rencontre » remonte à 1996, dans une prairie belfortaine détrempée. C’était avec les Bad Seeds, il y avait eu une spectaculaire coupure de courant, et puis PJ Harvey était venue se frotter au grand singe pour leur love duet du moment, avec échange de salive conforme au clip MTV. Depuis, old Nick a troqué ses mauvaises graines et sa chieuse du Dorset (Hey, Pidjay, rdv après demain !) pour un trio hyper compact’n roll. Objectif à peine masqué : se faire mieux tripoter par les groupies des premiers rangs. Il refait le rock, Nick, comme quand il ne savait pas encore jouer du piano et qu’il n’avait pas lu tous les livres qui font peur. Flanqué d’un impressionnant Raspoutine électrique en la personne de Warren Ellis, l’Australien livre un set sauvage, tendu, euphorisant, et ça nous booste comme une bonne vodka Raide Boule.

Idéal juste avant d’aller nous faire secouer par les Laurel & Hardy de l’underground New Yorkais, (selon l’expression de mon camarade Fabio V., amateur éclairé).
Pourtant, la crainte demeure, concernant les très incertains Suicide ; celle de voir le show réduit à sa plus primitive expression : un quart d’heure de bruit extrême, d’insultes et de crachats bilatéraux, comme au Rockstore de Montpellier en 1990. Ce ne sera pas le cas cette fois-ci, mais le duo de freaks septuagénaires ne semble pas pour autant assagi, décidé à délivrer sa leçon de punkitude abrupte et mal aisée à un public hémorragique. Martin Rev joue des poings sur les claviers, Alan Vega ressemble désormais, physiquement et vocalement, à une très vieille femme, arborant un sourire inquiétant et inamovible sous son bonnet de laine et ses Ray-Ban. Le son est hyper abrasif, les "hits" du first LP sont exécutés dans des versions méconnaissables, et si la démarche et l’attitude forcent le respect, il faut admettre que sur la longueur, la sidération laisse peu de place au plaisir.

http://scannerfm.com/sanmiguelprimaverasound/en-directo/primavera-sound/podcast/2011/05/28/suicide-live/

Entre temps, on a retrouvé nos tourtereaux Sufjanstevensophiles que j’accompagne vers Caribou, histoire de me décontracter les tympans. On y arrive pour la fin de Found Out, c’est blindé, on voit rien et c’est l’avant dernier morceau.
Il est donc temps d’aller faire connaissance avec le gazon synthétique, les cubes luminescents et les poufs en skaï jaune de l’espace chill out, près de la scène San Miguel, en attendant les Flaming Lips.

Des Flaming Lips pyrotechniques, avec ballons géants multicolores, space bubble de rigueur, tempête de confettis, déluge stroboscopique, grappes de pom pom girls gigotant de chaque côté de la scène, et sur les écrans, la face extasiée de Wayne Coyne avalée par le fish eye d’une caméra fixée tout près de son mic. L’outrance du show contamine évidemment la musique, improbable démonstration de punk-prog frisant malicieusement l’oxymore. Rien de neuf sans doute pour qui les aura déjà vus et revus ici ou ailleurs, mais c’était mon baptême et j’ai gobé l’hostie avec gourmandise.

Et après ? Après, dodo, sans passer par les cases El Guincho ou Suuns qui jouaient beaucoup trop tard ou trop loin pour nos taux d’humidité et de cholestérol bien au dessus des normales saisonnières. Pour la fin de soirée, demandez donc aux minots.


Posté par Manu Commenter » Primavera Sound 2011


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