Cheval Sombre "Comme Bartabas mais en moins spectaculaire et plus minimaliste"

Label : Sonic Cathedral


"Ellis sentait la merde en permanence et s’aspergeait d’Old Spice ( [1]) dans l’espoir de le faire oublier. Résultat, il sentait l’Old Spice et la merde."

Outre le fait que l’auteur de cette phrase, Eric Miles Williamson, est un petit génie de la littérature où l’on ne fume pas la pipe sur des canapés de luxe, elle n’a absolument rien à voir avec ce qui va suivre puisque, Cheval Sombre, lui, ne sent presque rien et s’asperge de pas grand chose.

Le deuxième album de Christopher Porpora s’intitule Mad Love et vient de sortir chez les anglais de Sonic Cathedral qui font en général dans un genre plus électriquement texturé et distordu (le fameux "Chou gaz" du jeune fan débutant amateur des disques de Captured Tracks par exemple qui fait dans son pantalon dés qu’il entre apercoit sur photo une pédale d’effet Big Muff couplée avec une réverb’ et un delay. ). Effectivement après un premier album aussi lumineux que minimalement dépouillé et gracieusement arrangé, il aurait été surprenant que Cheval Sombre se mette à faire du Adorable ou encore du Spirea X (va faire des recherches petit, va). Également, le cap du deuxième album peut aussi parfois malheureusement donner une impression de redite et décevoir.

Autant être honnête, dés les premières secondes de Someplace Else on reconnait ente mille à qui l’on a affaire et les réminiscences hantées et paradisiaques du premier album viennent immédiatement à l’esprit. Mais la grâce est toujours là voire même ici encore plus particulière et délicate. Le concept est poussé jusqu’au bout et quelques écoutes au bon moment suffisent pour que le disque deviennent une évidence tant la qualité qu’il s’en dégage apaise et emporte dans des rêveries douces et étranges. Les arrangements squelettiques mais dont l’importance est fondamentale apportent une texture psychédélique à l’ensemble. La lenteur du jeu accroche inlassablement l’auditeur et hypnotise en douceur. Le mixage de la voix noyées dans le delay et le traitement sonore qui occupe idéalement l’espace en font un petit must du genre. Les présences de Kramer et Sonic Boom à la prise de son et au mixage n’y sont pas étrangères (et celle du dernier cité devrait valoir éventuellement un petit commentaire caustique de La dèche).

Alors oui, je te vois arriver, jeune lecteur barbu et dilettante, avec ton argumentation sur-référencée : "Ouais, c’est du slowcore quoi." J’en sais rien, merci petit, mais retourne faire des poke sur la page facebook de Alt-J, on est entre grandes personnes, on parle là.

Bref, Mad Love de Cheval Sombre devrait ravir ceux qui aiment les petites douceurs acidulées qui ont l’air de rien.


Le 29 novembre 2012, par Boog

Cheval Sombre

Comme Bartabas mais en moins spectaculaire et plus minimaliste

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