Swans "Dark Dark Dark"

Label : Young God


En 2010 Michael Gira relance Swans. Le retour est fracassant. L’album se veut sombre au possible, et constitue une formidable porte d’entrée au travail de Gira pour le profane (dont je faisais partie, soyons honnête). My Father Will Guide Me Up A Rope To The Sky massacrait les frontières entre les gens, du folk gentillet (feat. Devandra) au noise le plus sauvage, le tout baignant dans une dépression palpable à chaque seconde.

En 2011, Swans donne au Primavera de Barcelone l’un des sets les plus mémorables qui m’ait été permis de voir. On en a parlé ici même en ces termes :

Et comme je ne m’attendais à rien de particulier, j’ai réellement pris une énorme claque. Franchement, je ne me souviens pas avoir jamais rien vu auparavant d’aussi radical, extrême et captivant à la fois. Apocalyptique tant au niveau du son que du propos, effrayant parfois, bien plus que tous les groupes de death grind doom guignolo métal réunis au Hellfest de Clisson. Michael Gira n’a pas besoin de recourir au sempiternel décorum sataniste pour vous glacer les sangs ; il lui suffit de scander d’une voix monocorde « I WAAANT YOOUUU TOO BEEE MYYY FAAATHEEEEER ! », porté par sa tribu concentrée sur un seul « accord ». Pour résumer, les Swans, c’est un peu comme si Godspeed You ! Black Emperor avait opté pour un désespoir ultra colérique plutôt qu’ultra extatique, avec un frontman - chef d’orchestre quinquagénaire anarcho autonome entouré de guerriers hyper soudés et furieux qui cognent sur tout ce qui leur passe par les mains (guitares, gongs, etc..). Les Swans ne cherchent pas à séduire, plaire ou distraire ; ils ignorent délibérément tout code esthétique qui pourrait les affilier, assujettir ou rapprocher de telle ou telle mouvance. On pourrait même croire qu’ils n’attendent pas du public la moindre connivence ou adhésion ; ils font ce qu’ils croient devoir faire, dénonçant implicitement et sans ostentation la multiplicité des cadres et des systèmes qui les cernent, Primavera inclus. Ok, ça sonne peut-être pompeux et cliché, dit comme ça, mais c’est en tout cas ce que ça dégage, et puissamment, en plus. Situ, Swans ? à don’f !!! Guy Ernest Debord meets Kurt Cobain meets Sun(((o))). Enorme surprise et mandale mentale. Ouais.

En 2012 Swans a sorti The Seer, oeuvre radicale que Gira a toujours rêvé de composer. Au niveau de l’ambiance, nous ne sommes pas très loin du précédent disque. Au niveau de l’ambition c’est une autre paire de manches. Double album, invités à la pelle, 11 morceaux s’articulant autour de 3 pièces maitresses à la durée cumulée de 75 minutes. Voilà. Encore une fois les genres s’entremêlent. Outre le line up actuel de Swans, il est rare de rencontrer dans une même oeuvre Karen O, Jarboe, des membres de Akron/Family, Low ou Mercury Rev... La bande originale de la crise, pas des génies.


Le 4 décembre 2012, par Pierre

Swans

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