NOS Primavera Sound 2015 "Day 1"

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En 2012, alors que notre joyeuse équipe commençait gentiment à se lasser d’un Primavera Sound barcelonais toujours impeccable au niveau de sa programmation mais devenu un poil bondé, l’annonce d’une édition light à Porto une semaine après le big time nous ravissait. En 2015, le Parque da cidade nous accueillait donc le week end dernier pour la quatrième fois.

Arboré, au bord de l’océan, d’une taille relativement modeste, le site redonne une dimension humaine à un rendez-vous devenu aussi immanquable pour les passionnés de découvertes musicales que pour les artistes. A Porto, les grosses têtes d’affiche de l’édition mère manquent à l’appel, mais personne ne s’en plaint vraiment. Les temps creux sont rares, et les découvertes plus fréquentes. Avec ses quatre scènes, dont deux sont actives simultanément la plupart du temps, les dilemmes sont rares et les changements d’avis en cours de route fréquent, vu qu’il faut en moyenne 1 min 30 pour se rendre d’un concert à un autre. Bref, on est bien.

Après une soirée d’ouverture sous les platanes du centre ville qui nous aura fait nous trémousser et prendre la température du public le mercredi soir en compagnie du local Moullinex, les choses sérieuses commencent pour nous jeudi à 17h55 avec le 46ème retour de David Gedge, ce coup-ci avec Cinerama. Si le Wedding Present a ravi à la fois sur scène (tournée Georges Best) et en studio (le superbe Take Fountain), la formule Cinerama, certes pas aidée par son créneau horaire n’emporte pas les foules (parlons plutôt de centaines de spectateurs à cette là) qui réservent tout de même un accueil poli au bon vieux David. Malgré ses efforts et son jeu plus musclé, le même sort attend Mikal Cronin, qui reste encore et toujours le « pote et bras droit de » Ty Seagall… Il en faudra plus au jeune homme pour se débarrasser de cette ligne dans sa biographie.

C’est donc à 20h que la soirée décolle vraiment. Mac DeMarco pour les uns, Patti Smith déclamant des poèmes pour les autres. L’apéro commençant à faire effet, la déconne prend le pas sur le sérieux, ce sera donc joyeux bordel plutôt qu’atelier d’écriture. Et c’est un Mac DeMarco qui a surement pris le même apéro que nous qui nous embarque. Salad Days pour commencer et c’est parti pour une petite heure de déconnade sous les derniers rayons de soleil. Lorsqu’il joue un inédit, le groupe nous conseille d’aller le choper sur soulseek « voilà mon pseudo, servez vous, ne payez pas pour ça ». Le trio, sous ses allures nonchalantes, n’oublie pas de démontrer que leurs disques regorgent de pop songs ultimes, mais ne s’embarrasse pas du sérieux qui marquera, comme à Nîmes une semaine plus tôt, le set d’Interpol. La setlist en forme de best of des New Yorkais ravit le fan qui découvrait le groupe à l’Espace Julien en 2003. Turn on the bright lights a marqué, au même titre qu’un Is This It ? par exemple, une génération d’indie rockeux, les hipsters d’il y a 15 ans, et c’est un bonheur de reprendre avec Paul Banks « Stella I love you Stella I love you » en rappel. Mais la folie a disparu. Les visuels sont aussi sombres et léchés que l’exécution des morceaux. De la beauté un peu trop froide.

Après une seconde pause apéro / repas qui me fera rater pour la 8ème fois Juan MacLean (désolé Boozig), dont je me contenterai des échos lointains de Happy House, il est déjà l’heure de se mettre en place pour Caribou, que 18 personnes n’avaient jamais vus selon un comptage personnel. Il est vrai que le canadien et ses copains, au top de la hype depuis (l’excellent) Swim, sillonnent désormais le monde pour finir les soirées de tous genres, le passé indie rock de Daniel Snaith légitimant sa présence dans les festivals rock (Pitchfork / Primavera / Route du Rock…) et ses récentes sorties lui ouvrant les portes des rassemblements electro. A la télé on appelle ça un bon client… ou Fabrice Luchini. N’empêche qu’on est toujours content de le voir, et qu’il nous déçoit rarement… Depuis Swim donc, un concert de Caribou s’apparente plus à une rave qu’à autre chose, mais qui s’en plaindra ? (à part les fans de Manitoba). Our Love ayant enfoncé un clou mis en place par Swim, le live n’intègre que des morceaux de ces deux albums, en forme de gigantesque tremplin pour le monstrueux Sun, indéboulonnable finish de la setlist depuis maintenant quelques années. Si le concert est d’une efficacité redoutable, l’effet de surprise de l’époque Swim a bel et bien disparu, et on ne m’enlèvera pas de l’esprit que les Bowls / Odessa / Sun / Jamelia emportent moins le public que les « nouveaux tubes » Our Love / Can’t Do Without You et consorts…


Le 15 juin 2015, par Pierre

NOS Primavera Sound 2015

Day 3

NOS Primavera Sound 2015

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