Nos Primavera Sound 2016 "Day 3"


Plus le festival avance et plus l’arrivée sur site se fait tardive, ce qui me fera penser à la phrase d’un ami à la Route du Rock il y a quelques années pendant un apéro interminable « je suis en train de consciencieusement rater tout ce que je voulais voir à ce festival ». On en est pas là mais l’esprit y est. On aurait pu voir Cate le Bon, mais on déboule pour Algiers, précédé d’une réputation de révélation de This is not a love song. Malgré tous les efforts d’un chanteur mêlant punk et gospel, la magie ne prend pas… Direction Autolux, dont le premier album il y a 12 ans déjà avait un peu squatté ma platine, et dont j’avais presque tout oublié… jusqu’à ce que Turnstile Blues ne me rappelle de bons souvenirs.

Le concert suivant est un rendez-vous depuis une dizaine d’années. J’avais jusqu’ici réussi a rater Battles malgré une bonne paire d’occasions (la plus marquante étant la frustration de les entendre calfeutré dans ma tente sous une pluie battante depuis le camping du Fort St Père). Le groupe a pris une ampleur considérable depuis la découverte des EP B & C, et donne à la scène Super Bock des allures de dance floor. Public conquis et surpris de la programmation diurne d’un groupe qui aurait du jouer beaucoup plus tard. Tant pis, c’est au soleil couchant qu’on profite de Futura / Atlas et autre The Yabba. C’est juste qu’on aime se plaindre.

Autant dire que le contraste avec Air sera saisissant. Les versaillais, premier groupe annoncé du festival, est attendu. Rarement durant le week end la grande scène n’aura autant fait le plein. Tout de blanc vêtus, Godin et Dunckel prennent place accompagnés d’un clavier et d’un batteur. Venus retentit, et l’ambiance est posée. Le son est léché (pour ne pas dire parfait), mais manque de puissance. La remarque qui reviendra le plus souvent sera « on a l’impression d’écouter le disque », sans jamais trop savoir si c’est un reproche ou un compliment. Effectivement le concert ne laisse place à aucune fioriture. Air, qui promotionne un best of pour ses 20 ans de carrière, cisèle ses plus beaux morceaux, et pour peu qu’on soit réceptif, c’est sublime. Pour d’autres l’ennui se fait ressentir. Mon objectivité est mise à rude épreuve, tant certains disques de Air ont pu m’accompagner, et je suis conquis. How does it make you feel ? est peut-être mon moment de grâce du festival. A moins que Playground Love ?

C’est la tête un peu ailleurs que nous rejoignons la scène où se produit A.R Kane, pour le concert le plus surprenant du week end. Présenté dans le programme comme le pendant dream pop de Primal Scream, le duo a piqué notre curiosité. Désormais trio, puisqu’un gamin accompagne le couple originel, AR Kane n’a attiré qu’une centaine de personnes devant une scène démesurée pour eux… Autant dire qu’après la marée humaine pour Air, ça fait bizarre. Le live consiste en trois guitares et des machines, et la dream pop electronica des anglais s’avère être plaisante, avant la surprise du chef et le final sur A love from outerspace, reconnu par toute l’assistance (c’était donc eux !), dans une version à mille lieux du tube house qui a fait sa légende. Amusant.

Un Primavera n’étant pas un Primavera sans Shellac, c’est avec Albini et ses copains qu’on a l’honneur de clôturer en beauté notre week-end. Pour savoir ce qu’on en a pensé, relisez les comptes rendus qu’on a pu écrire depuis 2006. On est toujours aussi fans.


Le 25 juin 2016, par Pierre

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