Donau Festival 2010 "Donau Festival 2010"


Du 28 Avril au 8 Mai 2010.

A moins d’une heure de Vienne, quelque part perdu dans la vallée de la Wachau, Krems accueille pour la 5ème année consécutive le Donau festival. Une petite ville paisible bercée par le Danube, entourée de vignes et pour sûr plus réputée pour son vin que son festival, un labyrinthe pitoresque aux endroits secrets et aux rues pavées étroites rapidement désertes. Et son petit train rouge qui traverse sans cesse la ville et passe pas bien loin du site du festival. Celui-ci est côtoyé par le stade municipal sur lequel cafouille l’équipe locale et ses quelques supporters présent bien plus tardivement à la buvette que les festivaliers du Donau. On s’y perd aussi facilement qu’on s’y retrouve. Un bien joli tableau à peine troublé par le festival, quelques visiteurs entre les touristes ici et là et des artistes qui errent à chaque coin de rue ou café. Voilà à quoi ressemble Krems, qui une fois par an s’offre le luxe d’une programmation pointue que certains festivals bien plus importants seraient en droit de jalouser secrètement.
Mais loin de tout ça, l’intime Donau festival reste en marge de tout ce qui peut se faire et tient à rester un rendez-vous unique. Et le revendique fièrement. Derrière les quelques "pointures" à l’affiche (Tindersticks, Mum, Xiu Xiu & Deerhoof, Fuck Buttons, Dinosaur Jr...) se cache un concept ambitieux, une programmation exclusive et des organisateurs qui ont du flair. Pendant 7 jours vont se combiner toutes formes d’art, pièces de théâtre, performances (on regrettera l’oubli général de la langue de Shakespeare pour toutes les explications nécessaires), expérimentations, films et concerts donc, laissant la porte grande ouverte à toutes surprises. Le - vaste - thème de cette année : "Failed Revolutions". Hommage à William S. Burroughs, "Iceland hits Danube"et son espace réservé à la scène artistique islandaise (Kria Brekkan, Matmos, Whale Watching Tour...), une soirée concoctée par Peaches (Cobra Killers, Sandy Kane...), etc...

Xiu Xiu & Deerhoof play Joy Division’s "Unknown Pleasures" Extrait video

Fuck Buttons

Dan Deacon

L’ouverture du festival se fait avec l’intriguante rencontre entre Xiu Xiu & Deerhoof, deux univers qui l’espace d’un concert vont s’aventurer à jouer dans son intégralité "Unknow pleasures" de Joy Division. Un concept bien périlleux, connaissant tant bien que mal les deux groupes il reste difficile de se faire une réelle idée du résultat. Ce petit monde donne une nouvelle vie à ces chansons avec un plaisir évident, lorgnant avec justesse entre reprises et réinterprétations. Une belle réussite.
L’enchaînement du trio Fuck Buttons/Dan Deacon/Panda Bear sentait bon la perfection avec ces groupes qui ont le vent en pourpre. Les 1ers auront été fidèles à eux même, bien en place, son énorme et set carré. Sans surprise mais toujours aussi puissant. A quelques pas de là, dans la petite Halle 1, Dan Deacon se lance dans ses habituelles prouesses scéniques. Concert dans le public, concours de danse, samples en tout genre, un peu brouillon par moment... Panda Bear termine la soirée, où l’achève à en croire la lente désertification de la salle, dans une ambiance assez étrange. Délaissant Person Pitch les nouveaux morceaux s’enchainent les uns après les autres, pour un set hypnotisant (et convaincant) où l’on prête presque plus d’attention aux vidéos qu’à Noah Lennox...

Iceland Hits Danube : Extract // Magnus Arnason www.magnusarnason.com

Le musée d’art moderne Kunsthalle offre un espace libre à la scène islandaise où installations, concerts et improvisations se succèdent. Dans un coin, une installation de parfait scientifique signé Magnus Arnason, dans le reste de la pièce se mélangent videos et expérimentations sonores.
En digne représentant on nommera notamment la violoncelliste Hildur Gudnadóttir et sa prestation aux côtés de BJ Nilsen, toujours aussi minutieuse et envoûtante. Auxpan, figure de la scène electronique de Reykjavik, et ses différentes apparitions bruitistes. Kria Brekkan, dans un registre différent, l’ex Mùm s’approprie la scène comme terrain de jeux, laissant libre cours à ses errances vocales et quelques bricolages sonores avec sa petite pointe de grace et d’humour. Et enfin le projet Whale Watching Tour avec à sa tête Valgeir Sigurðsson, Ben Frost, Nico Muhly, Sam Amidon (tous sur le label islandais Bedroom Community). Concert intime dans la petite église Klangraum, où tour à tour les morceaux de chacun seront magistralement réarrangés et adaptés, des compositions très épurés de Nico Muhly au son plus electro de Valgeir Sigurðsson en passant par les ambiances plus sombres de Ben Frost auteur d’un des albums de l’année 2009. L’autre bonne surprise de ce spécial Islande, la rencontre entre Howie B et Húbert Nói qui nous propose un somptueux voyage spatial visuel et sonore. Puis Mùm, en leader incontournable, dont on ne se lasse pas de croiser avec plaisir. Les titres de Sing Along To Songs You Don’t Know passent encore mieux sur scène, et même si on peut regretter le manque d’originalité qui se dégage de quelques titres récents, les islandais restent débordant d’une énergie contagieuse.

Le Donau Festival, c’était également des retrouvailles avec Tindersticks et leur classe éternel porté par la seule voix d’un Stuart A. Staples des grands soirs, entouré d’un backing band impeccable, qui envoute les titres de Falling down a mountain, le dernier album en date plus inspiré que jamais.
Un petit mot sur Carla Bozulich’s Evangelista, qui entre sensibilité et rage a le don de nous plonger dans une ambiance des plus perturbante.

Sandy Kanehttp://www.myspace.com/sandykane

Le festival s’achève sur la soirée résolument féministe préparée par Peaches et son défilé de charmantes invitées qu’elle viendra présenter et supporter tour à tour. Parmi elles, la faussement provocante et burlesque Sandy Kane, cow girl strip-teaseuse sans age, les seins à l’air tombant et se trémoussant avec une classe incertaine, elle se contente de "chanter" sur fond de classiques américains. Elle chante faux bien entendu mais on -elle- s’en fout, elle massacre, elle raconte ses petites histoires de cul et déclare sa flamme passionnelle à Georges Clooney au passage, on reste sourire en coin devant cette performance.
Un peu plus tard c’est au tour des Cobra Killers et Peaches de faire le spectacle et de venir clore cette édition 2010 du Donau Festival de façon clinquante.

http://www.donaufestival.at


Le 11 mai 2010, par Jerome

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