Iceland Airwaves 2010 "Du 13 au 17 Octobre"


Rockittothemoon s’est offert une nouvelle petite escapade aux Airwaves, là haut en Islande. Cette année on en revient même avec un compte rendu, des photos et un petit podcast pour vous mettre dans l’ambiance.

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1. GaBLé - I’m Ok (I’m Ok)
2. Sin Fang - Sinker Ship (Clangour)
3. Mondkopf - Bain du Matin (Galaxy Of Nowhere)
4. Amiina - Over and Again (Puzzle)
5. FM Belfast - Par Avion (How To Make Friends)
6. Pagan Wanderer Lu - Our New Hospital Sucks (BBC Session)
7. Bang Gang - Find What You Get (Something Wrong)
7. benni hemm hemm - Abbastufur (Kajak)

Photos pour Rockittothemoon :
Christelle Espinasse.
http://www.christelleespinasse.fr

En voilà un festival qu’il est intéressant. Bien aidé historiquement par la compagnie aérienne Icelandair, les Airwaves ont réussi le pari fou de rassembler des milliers de fidèles au beau milieu de l’Atlantique pour ce qui est devenu selon Rolling Stone le rendez-vous le plus branché de l’année. Plus de 250 groupes, dont une majorité d’Islandais (pas mal pour un pays comptant 300 000 âmes), 10 salles / clubs pour le in et tout Reykjavik terre d’accueil du off, on a pas vraiment le temps de s’ennuyer.






Et comme ces gens là sont malins, les packs vol + festival (très accessibles en s’y prenant suffisamment à l’avance) vous permettent d’arriver quelques jours plus tôt, histoire de s’en mettre plein les yeux avant de s’en mettre plein les oreilles. C’est donc après deux jours de parfaites ballades touristiques que notre fine équipe débarque le mercredi soir à Venue, petite salle bondée pour cette première soirée 100% islandaise. C’est avec les jouissifs Benni Hemm Hemm que mon festival est lancé. Le groupe joue à la maison et nous met très à l’aise. On en oublierait presque qu’on a passé un quart d’heure dans un escalier bondé pour se faufiler devant la scène. Escalier que nous dévalerons dans l’autre sens dès les premières notes (bourrines) de Swords of Chaos, qui nous rappellent que les Islandais aiment aussi le gros son qui tâche. Mais ce soir l’éclectisme est de mise, puisque la soirée se termine avec les délicieux Sin Fang (pas Bous pour l’occasion). Sindri Már Sigfússon, également leader de Seabear, amène sur la petite scène de Venue ses bricolages et expérimentations pop pour le premier très beau moment de la semaine. Clap de fin pour le in en cette soirée, direction Kaffibarrin, pub ultra branchouille de la capitale Islandaise (Damon Albarn avait mis des billes dedans), sorte de passage obligé sur le chemin de l’hôtel.

Sin Fang

Le jeudi c’est promenade en ville, où il est difficile de ne pas croiser des musiciens toutes les cinq minutes. Une ambiance très agréable, la ville semble réellement vivre une semaine pour ce festival, tant les commerces sont impliqués (et accueillant). Qu’on soit un bar, une boutique de fringues, un disquaire, une auberge de jeunesse, on fait jouer des groupes, très souvent aussi programmés dans le in. Pour le pire et pour le meilleur. Pour le pire, c’est Autodrone qui s’y colle. Derrière ce nom accrocheur (ben ouais y’a drone dedans) se cache un groupe américain qui n’aura pas une grand carrière. Pour le meilleur, c’est dans une pièce de 20 mètres carrés que je découvre le britannique Pagan Wanderer Lu, bidouilleur génial entre folk et electronica, véritable découverte. Après renseignement, le bonhomme officie depuis 2001. Jamais je n’avais croisé ce nom pourtant singulier, et c’est dans le hall d’un hôtel de Reykjavik que ça doit arriver. Ce pays est magique. Le très folkeux canadien Snailhouse enchaîne brillamment. Cette soirée s’annonce bien. Apéro.
Et direction le Reykjavik Art Museum pour l’un des concerts les plus attendus de la semaine : le retour des filles prodiges du coin, Amiina. (voir l’article par ailleurs). Concert fantastique. Jouer une musique aussi intimiste sur une scène aussi grande n’est pas chose aisée. Mais les nouveaux musiciens (batteur et guitariste) subliment un live déjà bien rodé. Le groupe alterne entre nouveaux morceaux et anciens tubes (ouais en Islande c’est des tubes) pour un final absolument irrésistible sur Siksac, déjà un classique. Après un début de soirée si réussi, les organisateurs dans leur grande sagesse font péter Efterklang. Merci messieurs. Les danois nous enchantent avec leur savant mélange post rock / electronica. Là j’aimerais vous raconter que c’est le coeur léger que je vais me placer devant Seabear et que comme la veille, Sindri Már Sigfússon est en forme etc etc etc... De Seabear je n’ai vu que l’immense file d’attente. Mon petit programme m’indique que je me suis alors dirigé vers Sodoma (c’est une salle) pour voir des Danois qui s’appellent Harrys Gym. Si mon petit programme ne me l’indiquait pas, je ne m’en souviendrais pas. A demain.

Amiina


Reykjavik Art Museum

Réveil matinal, direction Havari, mini galerie qui accueille le très looké Diamond Rings. J’arrive un peu tard et je l’entends jouer deux fois le même morceau pour les besoins d’une vidéo. Guitare / voix ; le morceau est sympa, heureusement. Et mon début de soirée sera résolument français. Tout d’abord, les géniaux Gablé, partagent leur douce folie devant un public clairsemé mais ravi. Le trio délivre l’un des lives marquant de ma semaine. Le spectacle (car c’est un véritable spectacle) est parfait : drôle, punk, dansant, intelligent (!). Merci Gablé. Changement d’ambiance avec Mondkopf, malheureusement programmé un peu tôt (22h40). Surtout que le jeune français a décidé de s’adapter à la situation. On est assez loin des ambiances atmosphériques de son album Galaxy of Nowhere. Ce soir ça tape, et ça danse. C’est devant Toro Y Moi, que ma soirée se poursuit. Chazwick Bundick est accompagné sur scène d’un batteur et d’un bassiste et tous mes doutes sont dissipés. On m’avait parlé de lives poussifs en version solo, ce soir c’est la grande classe. On est largement à la hauteur d’un album déjà quasi parfait, et une envie irrépressible de faire la fête semble habiter un public chauffé à blanc. C’est à Silver Columns, d’assurer. Si musicalement les britanniques ne sont pas aussi brillant, niveau ambiance, rien à dire : ils mettent le feu. Le très attendu James Blake, se chargera de faire transpirer les téméraires (il n’est pas très tard mais il fait très chaud dans cette salle exigüe). Son dj set est absolument parfait, comme quoi on peut faire du dubstep sans se répéter et sans ennuyer. Un mec à voir absolument.

Gablé

Mondkopf

Toro Y Moi

Silver Columns

Samedi, les excès commencent à se faire ressentir, mais le programme est alléchant. A 14h, Havari propose Amiina en live. Évidemment Amiina en live dans une boutique aussi grande que mon salon à Reykjavik, ça attire du monde. J’y étais, j’ai tout entendu, je n’ai rien vu. Ce que j’ai entendu ressemblait à ce que j’ai entendu deux jours plus tôt, c’était très beau, c’était très frustrant. Aussi frustrant que mon début de soirée à contre temps. J’arrive tôt au musée pour voir Bang Gang, mais il y a du retard, je vois donc Spleen United tenter en vain de faire décoller une soirée à l’heure de l’apéro. Peine perdue. De peur de ne pas entrer à Nasa (fantastique club soit dit en passant), je m’en vais (et je rate donc Bang Gang) pour voir jj. Le duo suédois m’a... décontenancé. Leur performance alimentera d’ailleurs pas mal les conversations durant toute la soirée. La chanteuse entre sur scène, joue un morceau acoustique, pose sa guitare, lance une bande qui assurera 95% de la musique, chante par dessus en ayant l’air de se faire chier, avant que son acolyte ne la rejoigne pour jouer un peu de guitare acoustique (mais est-elle seulement branchée ?) et de la guitare électrique (qu’on entend, elle). Le tout devant des visuels tantôt marrant (des buts de Zlatan Ibrahimovic), tantôt déroutant (la chanteuse qui chante le même morceau que la vraie chanteuse sur scène, mais avec le sourire). Soit c’est ça être vraiment punk, soit c’est du pur foutage de gueule. J’hésite encore. Heureusement Mount Kimbie feront tout pour redresser la barre. S’ils ne sont pas aidés par les conditions (un son vraiment très faible), ils démontrent tout de même qu’on peut reproduire avec un vrai live des morceaux studios démentiels. Ça fait du bien de temps en temps d’entendre des sons électroniques sans avoir un mec qui envoie des mails sur scène. Le duo est brillant, cela s’entend, mais ce concert n’est visiblement pas leur meilleur. Suffisant pour avoir envie de les revoir, très vite. Pour la fin, programme chargé. D’abord les stars locales Apparat Organ Quartet. Des vocoders, des claviers, des gens statiques, Kraftwerk. Un concert mémorable. Et puis c’est au tour des New Yorkais Hercules & Love Affair de prendre les commandes de la soirée. Un concert aussi gay que le dernier film de Xavier Dolan. Une grande place est faite aux morceaux de l’album à venir, mais les tubes feront le job. Grosse ambiance, le dancefloor est compact.

Havari Gallery



Dimanche : j’ai toujours détesté les dimanches. Il pleut, on traine, on arrive trop tard devant Nasa, file d’attente, on rate Dan Deacon. Dimanche de merde. On rate même le début de FM Belfast. Dimanche de merde. Mais apparemment, FM Belfast ont joué des nouveaux morceaux, on arrive pile pour les tubes. En 2009, le groupe avait littéralement retourné ce même club lors de ce même festival. En 2010, FM Belfast sont des superstars en Islande, absolument tous les morceaux de leur très réussi How to make friends sont repris en chœur par un public au bord de l’hystérie. Un final dantesque.

En conclusion une cuvée 2010 vraiment délicieuse. Seul bémol les files d’attente qui grandissent à vue d’oeil d’année en année (je n’ai jamais attendu devant une salle en 2009), attention à ne pas être trop gourmand !


Le 10 novembre 2010, par Pierre

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