Optimus Primavera Sound 2013 "Episode 2"


Une fois de plus (pourtant on commence à avoir l’habitude), les excès du premier soir rendent le début de ce vendredi difficile. Mais c’est quand même vers 18h qu’on arrive au Parque da Cidade pour s’allonger dans l’herbe bercé par la basse ronronnante de OM. Les drones hypnotiques du duo (alors je sais pas si c’est la fatigue, mais de loin, il m’a semble qu’il étaient plus que ça sur scène) nous font entrer doucement dans cette soirée, qui à ce moment précis ressemble à un chemin de croix. Pourtant le menu est chargé.

Comme pour les Breeders la veille, ce sont des retrouvailles qui nous attendent ensuite, avec ce bon vieux Daniel Johnston, que je n’avais jamais réussi à voir jusqu’ici, et qui se présente à ma grande surprise avec des musiciens différents de ceux de Nimes, et il faut le dire, beaucoup moins en place. La situation donnera lieu à quelques situations cocasses. Les trois accompagnants ont visiblement appris le jour même qu’ils accompagneraient la « star » (j’exagère à peine) et le batteur lève les bras au ciel lorsque son leader d’un soir entonne Speedy Motorcycle au lieu de... jouer de la batterie. Les fans ne sont pas seulement dans le public pour ce concert. La setlist, sensiblement la même qu’à Nimes mêle vieux tubes (le même final sur True Love Will Find You In The End) et extraits du Space Ducks sorti l’année dernière.

Il est 21h et mon gros morceau de la soirée approche à grand pas. Je me cale à une distance raisonnable de la scène Super Bock pour ce qui s’annonce comme le concert pour lequel « ça passe ou ça casse ». Michael Gira et ses Swans investissent la scène et l’intro durera environ 20 minutes avant que ne retentissent les premiers « accords » de guitare. Côté public, ça oscille entre l’incompréhension la plus totale et l’hystérie retenue. Le groupe joue en festival le concert qu’il jouerait dans une salle de 100 personnes, aucune concession, ce sont les morceaux les plus radicaux du dernier album qui y passent (donc des parcours bruitistes de 30 minutes minimum) pour un show d’une heure quarante : rareté en festival, et initiative à mettre à l’honneur des organisateurs. Un concert de Swans de 45 minutes desservirait clairement ce type de groupe, pour lequel un temps d’adaptation est forcément nécessaire. Une nouvelle fois la performance a divisé, mais les fans ressortent ravis. C’est mon cas.

Avec toutes ces émotions, c’est Melody qui passe à la trappe. Premier choix cornélien de la soirée : la pop sophistiqué de Grizzly Bear ou le math rock de Shellac ? Steve Albini a mes faveurs. Le trio du producteur génial est devenu une sorte de résident du festival depuis 2006, et tout fan que je suis, je dois avouer que j’ai a peu près vu le même concert à chaque fois. Mais il se murmure qu’un nouvel album est dans les tubes, alors si Shellac a des nouveaux morceaux, je veux les entendre. Bien m’en a pris. Au moins 5 ou 6 inédits viennent accompagner les désormais immanquables Prayer To God, The End Of Radio ou Steady As She Goes. Le groupe joue devant un public clairsemé (Grizzly Bear oblige) et renoue donc avec ses habitudes : questions / réponses, démontage du plateau pendant le dernier morceau etc... Pas de regrets donc, pour l’une des meilleures prestations du groupe, et prometteur pour la suite (nouvel album cette année ?)

L’heure qui suit s’apparente visiblement pour beaucoup à une heure d’attente en attendant les headliners du festival, en tout cas sur le papier : Blur. C’est devant un Four Tet qui se demande visiblement ce qu’il fout sur une grand scène à minuit que nous la passons. Le set est fort agréable mais on ne peut plus mal programmé. L’anglais aurait eu sa place en fin de soirée, un peu comme John Talabot l’an dernier. Tant pis.

Ca y est c’est l’heure. Blur is in da place. Un petit bonjour et une petite intro reconnaissable entre 1000 : Girls & Boys. LE tube des 90’s introduit une setlist en forme de best of, et c’est bien là la force des britanniques. Chaque intro déclenche les cris de la foule, et chaque refrain peut être repris. MAIS, je dois avouer que ce concert ne m’a pas fait l’effet de Pulp à Barcelone par exemple, durant lequel l’excitation était à son comble avant, pendant et après. Blur a fait un bon concert, très bon pour les fans, et voilà. Song 2 en cloture a fait remuer un peu plus que le reste, mais pas le raz de marée Common People.

Les jambes sont déjà lourdes pour nous amener à Fuck Buttons, qui applique sa recette habituelle : gros drone qui te fait reculer d’un mètre, et un beat pour remuer la tête. Le troisième album s’annonce et le duo ne va visiblement pas révolutionner son son. J’écoute Olympians (jouissive) et je me dirige vers un dancefloor un peu moins mental en compagnie de Julio Bashmore. Les intentions sont ici claires : danser sans trop réfléchir. Bashmore joue ici dans un anonymat presque total et a pu tester ses tubes (Au Seve, Battle for middle you) sur un public différent de son public habituel dans une tente à demie remplie. Le jour se lève, pas d’after ce soir, il faut encore tenir un jour.


Le 17 juin 2013, par Pierre

Optimus Primavera Sound 2013

Episode 1

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