Vincent Gallo "Fixation auto affective et ultra sensitive"

Label : Warp




"I’m always sad

When i’m lonely"

Le plus beau disque délicat de tous les temps. Écrit, joué et produit par un genre de super chieur intransigeant et génial. Le mec pue le narcissisme, l’amour exclusif de soi mais fait toujours ce qu’il a en tête de la manière qu’il le veut. Quitte à faire la pute et vendre son sperme (si si, c’est vrai) pour financer ses projets à la sensibilité rare dont personne ne veut. Et pour cause.

Vincent Gallo se raconte de multiples vies allant de bassiste dans le groupe de Jean Michel Basquiat, passant par exposant d’art dans différentes grandes villes de l’hémisphère nord, jusqu’à pilote de course de moto. Il a eu quelques conquêtes fameuses et fulgurantes qui pour la plupart se sont finies en détestation totale, réciproque et sans retour. Je le soupçonne d’être mythomane et volontairement provocateur. Cerise sur le gâteau, il conchie les fumeurs de cigarettes alors que sur 50% de ses photos, il semble être sous héroïne. Bref, typiquement le genre de tête à claques hyper talentueuse.

En 1998, il produit, réalise et interprète Buffalo 66, parfait film où il maltraite Chrisitina Ricci une heure et cinquante minutes durant, celle ci lui rendant bien. Dans la bande originale, on peut entendre quelques passages musicaux minimalistes à fleur de peau. Deux plus tard, Warp le signe et sort So sad, single (?) bancal à la mélancolie addictive.

Le 01 octobre 2001, When apparait dans les bacs des disquaires assez discrètement et sans véritable promo. Un genre d’ovni en ces temps où la sensiblerie, la lenteur et la singularité ne font pas parti des codes corporatistes. Dix titres bricolés avec une délicatesse incroyable, entre improvisations bizarres et songwriting miraculeux. Il y est quasi exclusivement sujet de filles, Paris Hilton en tête (I wrote this song for the girl Paris Hilton, merveilleux titre d’ouverture). Les paroles sont à mi chemin entre la frivolité et le constat acide.

"When you come near to me

I go away

What is not clear for me

I go away

What is not here for me

I go away"

Les arpèges et soli rachitiques de guitare tombent à point nommé et se marient parfaitement à la voix très douce et haute de Vincent Gallo qui ressemble de manière troublante à celle de Chet Baker. Parfois des motifs de batterie samplés ou joués apportent à l’ensemble une impression de chancellement tandis que différents petits loops bizarroïdes parsemés sur toute la durée du disque diffusent un sentiment d’étrangeté vieillotte comme si on écoutait le disque dans le grenier d’une vieille maison abandonnée. Ça sent la poussière et la nostalgie. C’est désabusé et beau.

"Oh, darling, you’re my darling

I can take you away, I can wonder with you

Wonder everyday and darling

I can see you when I close my eyes"

When est une véritable bouée de sauvetage quand on se sent seul et perdu au milieu de tout.


Le 26 mai, par Boog

Vincent Gallo

Fixation auto affective et ultra sensitive

! !! (chk chk chk)

L$D SOUNDSYSTEM

! !! (chk chk chk)

Yeah Yeah Yeah !

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