DIIV "Flashback et rehab"

Label : Captured Tracks




"And I can’t shake

The terror of my life fleeting, minute by minute

Even when I can’t imagine another day waking up in it

Fought my mind to keep my life

But my body’s putting up a tougher fight

Yeah if it feels wrong you can go on along

But once it feels right then you just lost the fight"

Zachary Cole Smith sait de quoi il parle. Sujets à de sérieux problèmes d’addiction, lui et son groupe DIIV ont depuis la sortie de leur premier disque Oshin multiplié les annulations de concerts, les errances personnelles très sombres, et ont finalement peu fait parler d’eux pour leur musique.

Is the is are marque un retour significatif et rédempteur. Les textes, très introspectifs, traitent tous sans exceptions de drogues ou tout du moins des états psychiques qu’elles provoquent. C’est sans fard, c’est cru et c’est super bien écrit.

"Shots ringing out, I’m soaking

Eardrums shaking, years start weighin’ me down

Crawling out from a spiral down

Fixing now to mix the white and brown

Passing out, running in place

You’re the sun and I’m your cloud

Burning down, running in place

Got so high I finally felt like myself"

Il y a un paradoxe dans ce disque assez interpellant entre la luminosité limpide et sexy de certains titres (Out of mind, Dopamine, Is the is are, Loose ends) et la noirceur extrème des textes. C’est un peu comme siffloter du Beatles sous la douche de manière insouciante alors que le corps est rongé par des métastases. Ça fait froid dans le dos, c’est à la limite du malsain. Pourtant Is the is are est d’un réconfort absolu si on le considère comme une "oeuvre" totale et jusqu’au boutiste de son auteur, le maigrichon Zachary Cole Smith  : il semble jouer sa vie et donne tout ce qu’il a. L’histoire de ce disque veut qu’il ait composé environ 300 chansons pour n’en retenir que 17 triées sur le volet. Aucune faute de goût, une production soyeuse et adéquate, et la plupart des titres a un fort potentiel addictif (la drogue, on y revient). Bent (Roi’s song) est pour moi une sorte de bouée de sauvetage à laquelle je m’accroche encore et toujours depuis des semaines : une ligne de basse incroyable, des motifs de guitares qui s’assemblent et se superposent inlassablement, un chant détaché qui raconte une terrible histoire d’amitié salie par la défonce et la déchéance physique. C’est hyper touchant pour peu qu’on soit suffisamment sensible et empathique. C’est presque de la musique sociale.

Au jeu des références nombreux sont ceux qui citent à juste titre The Cure et Sonic Youth. Je me permettrais simplement de rajouter Felt, première période tellement les mélodies de guitare de Maurice Deebank se ressentent tout le long du disque.

Un album immense et intense.

"i forced myself to be quiet just to be quick

lead a slow death rite like an innocent fight

left me choked and white in a patch of light

feeling like a wick wax drowned and bright

burned skin like a string black ashes slight

i know i gotta kick but i can’t get sick

i’ll hold you here tight, keep you overnight

and it gets too bright, and your body’s a brick

but now i’m fucked to die in a world of shit

i’m trying to keep quiet but i can’t move quick

wings matted with death spilled oil slick

then it gets too bright, and your body’s a brick

and you fall"


Le 21 mars 2016, par Boog

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