The Shoppings "Génération X - 1 Génération Y - 0"

Label :




"Je trouve ça mignon

Les filles à chignons

Je les trouve très mignonnes

Même celles qui sont trop connes"

J’en ai plus rien à foutre. Dans le sens où je ne me sens plus concerné du tout, où je n’ai plus envie de subir le bruit de fond inutile, où je ne revendique plus rien par rapport aux modèles dominants, où les codes m’emmerdent, où les dogmes me font rire, où les corporatismes me font chier. Vraiment, j’en ai plus rien à foutre. Et j’essaye de me marrer du coup. Tant bien que mal, mais j’essaye. Et pourtant, je suis une merde hein, au même titre qu’un bon nombre d’entre vous du coup. Faiblesse psychologique , laideur morale, sexe de fuite , drogues de refuge, mensonges d’alibi, moi aussi, j’ai pratiqué, je pratique et je pratiquerai encore. Pas mieux que les autres, aussi moche quand il s’agit de l’être. Ouais.

"Vouloir faire tout ça encore à son âge

Plus supporter les acides

Ne pas perdre une minidose de sa rage

Refuser d’être lucide"

Bah tiens, c’est un peu moi ça du coup.

The Shoppings sortent un deuxième album ces jours ci, un peu plus de dix ans après leur premier essai, dans lequel excellent les observations caustiques de toute une catégorie de gens dont le pouvoir d’achat (le plus souvent assuré par leur papa et leur maman) permet de se créer des problèmes auxquels une autre catégorie de gens moins bien nés et sans mécénat parental n’ont même pas idée. L’autodérision en sus. Bref, vis ma vie de ouf sur Instagram, les statuts facebook qui frisent à chaque fois un prix Nobel de littérature , le débat Happn vs Tinder qui prend le dessus sur celui de Paris vs Province, le narcissisme nombriliste egotripé en guise de confiance en soi, le social club comme étendard social justement et j’en passe, sont en quelque sorte les thématiques de Vanités . C’est éphémère, brillant, subtil, ironique, sensible et vain à la fois.

"En terrasse, d’un palace, fracasse"

Ce disque parle de ceux qui hésitent entre passer le réveillon au Berghain à Berlin ou partir se déchirer au Output à Brooklyn, de ceux qui prévoient de partir faire le tour du monde parce qu’ils sont à bout entre deux partiels, les soldes et les vernissages d’expo de Street Art en galeries privées, de ceux qui ont des avis et des certitudes sur tout grâce au fil d’actualités de leur smartphone.

" - Ecoute Jules , je ne savais pas quoi prendre et finalement j’ai pris 3 grammes de coke, 15 ecsta, 2 fioles de poppers et du speed, comme ça on manquera de rien. C’est cool, non ?

- Ouais, je pense que ça va le faire Léa, c’est juste un afterwork dans un bar à cocktails à 25 euros les 4cl. En plus Blanche nous rejoindra après son plan cul. On est au top."

Vanités est vraiment un disque social. A défaut de ghetto, c’est de la musique du gotha.

"A l’âge où la vie de mes potes est un vrai snuff

Je débuterai le surf"

Musicalement, le disque oscille entre electro pop, electro punk, electro funk, electro rock, electro varièt’ 80’s. Le tout de manière assimilée, assumée et impeccable. La production et le mixage sont en phase avec les compositions et les thèmes abordés. Parisienne, 20 ans, A mon age sont des sommets de réalité ironique et de vraies réussites sonores. Rêve américain est logiquement un tube de radio en puissance, ou à défaut, en after dans une colocation super cosy de 250m² dans un beau quartier central.


Le 17 janvier, par Boog

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