Iceland Airwaves 2014 "Geyser, Björk et vodka redbull à 13 euros"

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Iceland Airwaves, épisode 4. Le rendez-vous annuel aux portes du cercle polaire est devenu un rassemblement hype où festivaliers américains et européens se croisent devant des groupes souvent inconnus, souvent bientôt connus, souvent très bons, souvent très what the fuck, dans une ambiance polaire, toujours un oeil sur le ciel en espérant croiser une aurore boréale (jamais vue !), toujours un oeil sur la foule en espérant croiser Björk (vue !).

La programmation toujours impressionnante des Airwaves (1000 concerts) fait la part belle à la scène islandaise, tout en invitant quelques internationaux branchés (Future Islands, The Knife, Adult Jazz), inconnus au bataillon (... ?) ou tête de gondole (Caribou, Flaming Lips...).

Reykjavik, théâtre d’opération aussi grand que l’écusson de Montpellier (ou que le 11ème peut être ?) vit au rythme du festival avec un OFF impressionnant (à part l’ex chiante du programmateur, tout le monde a droit à son concert) et un IN bien mieux organisé que lors de notre dernière visite.

C’est le mercredi 5 novembre que les hostilités commencent, en tout cas pour nous, dans le hall très chaleureux du Kex hostel ou la classieuse radio KEXP a judicieusement placé son QG. Showcases, interviews, bière qui coule à flot (mais jamais celle qu’on commande), c’est the place to be en ce mercredi après midi, où Soley vient présenter pendant 20 minutes son nouvel album. On va pas vous mentir, on s’est vite rassis quand on a réalisé qu’on ne verrait pas plus Soley que d’aurore boréale sur une plage d’Ajaccio à midi en aout. Le son fera l’affaire. Toujours aussi timide et délicate, l’islandaise accompagnée (on en est presque sûr) de deux musiciens joue 4 ou 5 morceaux dans la lignée de We Sink, son disque précédent. Agréable entrée en matière.

Direction Gamla Bio, sorte de Rockstore local, pour le in. On arrive pour un concert de ... reggae (comme un Rockstore local je vous dis), par probablement l’un des rares groupes de reggae islandais. Marrant deux minutes. Leurs préoccupations tournent autour de "Babylon Babylon". Sinon ils s’appellent Amabadama. Mammut, célébrités pas que locales, entrent ensuite en force (3 guitares, grosse batterie) pour un concert comme ci comme ça. Quelques belles envolées post punk, quelques passages gras bien mauvais gout, et une chanteuse qui comme beaucoup d’autres fera penser à Bjork par moment. Si on se coltine tout ça depuis deux heures, c’est qu’on a prévu de faire la fête en compagnie de FM Belfast, et le combo festif (copyright Garfld) ne mettra pas plus de 10 minutes à retourner le dancefloor. Alors oui, un puriste de la musique pourra reprocher le côté potache, mais qu’est ce que c’est jouissif. Les vieux tubes continuent de remporter la mise, et le final sur Underwear restera le moment marquant de cette soirée d’ouverture.

Jeudi 6 Novembre Promenade polaire et passage devant un magasin de fringues de piches où Hermigervill joue à 15h comme si c’était 3h du mat. Electro qui envoie, pas mal du tout (très décevant sur disque). Bonne découverte live, on se dit qu’on les verra plus tard (on ne les verra jamais).

On se dirige vers Mengi, petite galerie dont le programme off fait saliver, pour se retrouver devant l’OVNI du festival Arnljotur. Le bonhomme présente son show "je vais vous jouer deux morceaux" et appuie sur play... puis ne bouge pas. Des sons bizarroïdes sortent de ses loopers, notre ami vide ses poches, se ballade, demande l’heure, et la blague dure 15 minutes. Second morceau, rebelote (il appuie un peu sur son clavier). Le public mi amusé mi interloqué est de toute façon là pour Olof Arnalds. Celle ci se présente accompagnée d’un guitariste (elelectrifié) et c’est un petit moment de grace auquel assistent les 50 chanceux que nous sommes. Plus proches d’une conteuse que d’une chanteuse, Olof nous amène dans des contrées jadis explorées par Joanna Newsom. On ne regrette pas d’avoir résisté à l’OVNI. Direction le Bunk bar où l’ambiance bien plus testostéronnée et la foule compacte est prête à accueillir le prodige local Mugison. Comme la veille au Kex, il faut se contorsionner pour voir les musiciens, mais ça fonctionne pour moi. Les fans reprennent les paroles des compos rock’n’roll teintées de blues de l’islandais et le bar est au bord de l’explosion. Mission accomplie.

En soirée, c’est le musée d’art contemporain, une des scènes principales qui aura nos faveurs avec à nouveau un local Sin Fang. Mes acolytes débiles trouveront à redire, mais je passe un superbe moment. Entouré de deux batteurs, Sin Fang envoie ses nappes / boucles et l’ambiance très... ambiant de la soirée est posée. Phox, combo américain, enchaine et passe autant de temps à dire qu’il est aussi surpris que nous de le voir sur cette grande scène qu’à chanter. On préfère quand ils parlent. Samaris, sensation islandaise depuis quelques mois, a la lourde tâche de clôturer l’affaire. Il y a deux ou trois ans, c’est dans un petit club que nous les découvrions, et là, la scène parait trop grande pour eux. La formule : un producteur derrière des machines, une chanteuse (la comparaison avec Bjork est ici flagrante) et une clarinettiste (c’est ici que réside l’originalité) est rodée, tant le groupe s’est exporté depuis 2 ans, mais la musique très intimiste peine à emballer la soirée. C’est beau mais c’est dommage.

A demain.


Le 18 novembre 2014, par Pierre

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