! !! (chk chk chk) "L$D SOUNDSYSTEM"

Label : Warp


La Paloma (Patio), mardi 23 février 2016, 20h37. Conversation édifiante à propos des cachets prohibitifs exigés par LCD Soundsystem pour honorer les festivals de leur retour aux affaires juteuses. James Murphy est probablement un type malin et cynique, j’hésite entre admiration et agacement, mais au cœur d’une époque où le public se presse pour assister aux concerts de reformation de groupes boudés en leur temps, le geste, entre foutage de gueule et coup de poker, est d’importance : saborder sa formation en grande pompe et revenir rafler la mise cinq ans plus tard.

Le parallèle avec  !!! est intéressant à tracer. Les deux groupes se font connaître au début des années 2000 et sont rangés dans le gros sac fourre-tout « punk funk » alors à la mode. La popularité de LCD Soundsystem n’a cessé d’enfler à la sortie de leurs trois albums (chacun étant, en gros, la compilation de remixes du précédent), jusqu’à atteindre son acmé avec ce retour savamment orchestré. La bande de Nic Offer semble suivre la route inverse, enchaînant les disques tous plus jouissifs les uns que les autres, prenant soin de faire évoluer sa musique depuis Strange weather, isn’t it ?, avec des morceaux plus courts et directs flirtant avec la pop (Thr !!!er) et l’electro old school (As if), le tout dans l’esprit hédoniste qui est le leur et une relative indifférence : nous avons dépensé 7 euros pour assister au concert de ce soir dans le Club de La Paloma. Je vois mal les gars de !!! céder à la tentation de l’un de ces fameux indefinite hiatus et attendre cinq ans pour revenir à Nîmes dans la grande salle du même lieu une entrée à 50 euros à la clé, tant le plaisir qu’ils éprouvent à occuper une scène semble être intense : pour preuve, le groupe assure sur cette tournée sa propre première partie sous le nom de Stereolad.

La Paloma (Club), même soir, 21h14. Entrée en scène de Stereolad. L’annonce d’un set de reprises de Stereolab par !!! avait de quoi exciter le vieux fan des premiers que je suis, d’autant que les seconds s’étaient déjà illustrés dans l’art de la réinterprétation en explosant Magnetic Fields et Nate Dogg dans un maxi que je n’hésiterais pas à qualifier d’historique (Take ecstasy with me / Get up). Nic Offer, en robe et français approximatif, lance les hostilités. « Jenny Ondioline » ! Le ton est donné avec ce classique des débuts du groupe : Stereolad va revisiter le Stereolab sous influence Neu ! Suivront « Transona five », « Our trinitone blast », « French Disko », « The noise of carpet » et « Lo boob oscillator ». La performance est admirable et presque émouvante : des musiciens prenant leur pied à rendre hommage à d’autres musiciens, sans attente de retours sur investissement, sans volonté de créer le ramdam, c’est triste à dire mais en 2016 cela semble incongru. Stereolad tabasse méchamment et rappelle que Stereolab ont été parmi les précurseurs de ce mouvement de retour au motorik du début des années 90. Le chant décalé de Laetitia Sadier permettait au groop de s’éloigner des considérations mystico-ronflantes de pairs comme Spacemen 3 (merde, j’ai l’air de dire du mal de Sonic Boom, mon compte-rendu ne paraitra jamais dans Rock it !), même si je n’oublie pas que Peter Kember a activement collaboré avec Tim Gane et les siens. Ce soir, c’est au tour de Nic Offer de créer un décalage avec son chant punk, comme si Klaus Dinger, hurleur de Neu !, poussait la gueulante sur la musique de ses héritiers : la boucle est bouclée, et les boucles sans fin sur lesquelles repose la musique du Stereolab circa 1993 répandent leur effet lysergique sur le public : tout le monde plane et se déhanche, amateurs de théories musicales foireuses tels que l’auteur maladroit de ces lignes comme celui ou celle qui, de sa vie, n’a jamais entendu ou lu le nom « Stereolab ».

Les effets du LSD, c’est souvent ce qu’on a cru ressentir en écoutant en écoutant Louden up now et Myth takes, albums où !!! étirait démesurément leurs morceaux en de longues plages psyché dansantes. L’état d’euphorie demeure, quant à lui, la constante des concerts du groupe. Le set commence à la coule avec un « Sick ass moon » de mise en jambes, et se terminera avec un long et apocalyptique « I feel so free (Citation needed) », sorte de « Sexy back » taré qu’interpréterait un Justin Timberlake sous amphets. Les fondamentaux sont respectés : Nic Offer arbore fièrement le short qui a fait sa légende, sa prestation rappelle qu’il est venu pour les trois points (en plus de ceux d’exclamation, j’entends) et confirme son statut d’oxymore vivant : ce type est probablement le pire et le meilleur chanteur de tous les temps. S’il y a un véritable « punk funk », c’est bien lui. C’est lui qui transporte les concerts de !!! dans la galaxie supérieure, celle où tout le monde pète littéralement les câbles. Si vous étiez là, vous avez probablement remué votre auguste cul avec le sien l’espace d’un instant. Aimant probablement encore plus que vous sa propre musique et danser, le chanteur envahit la salle et partage l’expérience du spectacle avec le public, illustrant par la transe la philosophie qu’il avait exposée dans le classique « Me and Giuliani down by the schoolyard (a true story) » : « People always ask me, "What’s so fucking great about dancing ?", How the fuck should I know ? Yeah, even I can barely understand it, But when the music takes over, the music takes control ». Dont acte. Toujours dans « Me and Giuliani » : « Because we have nothing more than this very second, You can’t count on the one coming after, no one’s sure about the one before, So forget about it, we live here and now dude, here and now, here and now, here and now ». N’attendez pas un hypothétique !!! post-mortem pour en profiter.

Stereolab

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Le 15 mars 2016, par La Dèche

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Vincent Gallo

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