Here We Go Magic "Le Prix de Gros - Here We Go Magic vs Ganglians : East coast ou West coast ?"

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"Les pauvres sont coupables de l’existence des riches"

C’est pas faux, mais cela n’a rien à voir avec ce qui va suivre.

Depuis un petit mois, j’écoute en alternance 2 disques qualifiés de pop, non genre et fourre-tout par excellence puisque selon les goûts de chacun (c’est à dire les goûts de merde des autres et les miens), les Jonas Brothers, Coldplay ou Panda Bear feraient là dedans si j’ai bien tout compris. Ces deux disques sont plutôt très bons et parfaitement en adéquation avec la période estivale qui débute : ça sent le rosé et les rondelles de saucissons coupées à la va-vite pendant que les brochettes grillent et parfument le quartier.

Le second et nouvel album de Here We Go Magic, le groupe préféré de David Copperfield, s’appelle Pigeons et vient de sortir sur Secretly Canadian , après un premier album en 2009, qui personnellement m’avait bluffé par la qualité soudaine de la musique de Luke Temple jusqu’alors royalement inintéressant. Un disque réalisé plutôt en solitaire et de manière assez minimaliste sur un magnéto quatre pistes qui laissait entrevoir une certaine forme de désinhibition et de liberté : pop songs et morceaux plus expérimentaux se côtoyaient parfaitement sur toute la durée de l’album. Avec Pigeons, la conception semble avoir été le fruit d’un travail plus collectif puisque entre temps, Luke ("c’est moi ton père") s’est entouré d’un groupe mixte et talentueux. L’environnement musical est dans la ligné du précèdent mais, cette fois-ci ,les angles sont légèrement plus arrondis au profit d’une cohésion d’interprétation. Un bon disque qui se révèle au fur et à mesure des écoutes excepté Collector , single évident et potentiel hit dans un monde rêvé, mais je peux toujours me gratter je pense.

Mentions spéciales également pour Casual et ses claviers, l’urgence légère et acidulée de Old World United et l’impeccable instrumental de fin Herbie I Love You, Now I Know , genre d’afro-funk spatiale.

De l’autre côté des états Unis, à Sacramento, Californie, les Ganglians, de jeunes hurluberlus aux allures de skaters gauches et lecteurs assidus de comics outrageants, ont coupé leurs jeans troués au dessus des genoux et vendus leurs planches contre une paire de guitares et de percussions. La weed se chargeant de leur faire écrire des chansons bizarres entre du Beach Boys approximatif et du rock garage de parking de plage. C’est un poil tordu, faux et agité mais la qualité des compositions et l’enthousiasme impressionnent : le dilettantisme affiché par moment rentre en collision avec des excitations soudaines et barrées et le résultat permet de maintenir la pression tout au long de Monster Head Room, premier album des Ganglians (déjà évoqués sur Rock it il y a quelques semaines avec le compte rendu de la Villette Sonique 2010 par Laure, notre Anelka à nous). Le disque à l’origine est sorti en 2009 uniquement aux USA et est enfin disponible en Europe depuis mai sur Woodsist , agrémenté des 2 titres d’un impeccable 45t sorti fin 2009 (dont le terrible Blood on the Sand ). L’âme de Panda Bear plane également parfois sur certains titres (les harmonies vocales notamment). The Void fait sans doute partie des grandes chansons de ces dernières années et Syd Barrett aurait pu la chanter tant elle se tient en équilibre particulièrement instable entre pure beauté mélodique et vraie folie ténébreuse. Grand disque, groupe à suivre.

On va pouvoir ressortir le jokari de la cave et le parasol de plage à l’effigie d’une boisson anisée et aux vertus en matière de réflexion quelques peu discutables quand elle n’est pas utilisée avec modération.


Le 26 juin 2010, par Boog

Here We Go Magic

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