White Noise Sound "Odyssée sous phéncyclidine"

Label : Rocket girl


La phéncyclidine est un psychotrope hallucinogène dont l’usage provoque une sorte d’ivresse relaxante accompagnée de distorsions ondulatoires et de détachement corporel. Ça, c’est pour ta culture chimique et éventuellement ta curiosité.

Like a pyramid of fire est le deuxième album des gallois de White Noise Sound, dont on avait beaucoup aimé ici le premier disque en 2010. Cinq ans plus tard, on les aime encore plus. Çà, c’est pour ta culture musicale et éventuellement ta curiosité.

Cinq années pour enregistrer huit titres. Bon ok, tu pourrais en conclure hâtivement et à juste titre que la productivité du Royaume-Uni laisse à désirer et ce malgré un libéralisme musclé et revendiqué. Pour ma part, j’aurais tendance à nuancer ta conclusion en soulevant deux points fondamentaux :

* la quantité n’est pas forcément un gage de qualité

* My Bloddy Valentine à mis plus de vingt années pour réenregistrer 9 titres qu’ils avaient déjà sortis en 1991.

Bon.

La qualité justement, parlons en. Elle est au rendez vous, arrogante et fière comme un tweet de Nadine Morano sur la forme et sans les raccourcis irréfléchis et l’inculture notoire sur le fond. Ce disque est une bombe atomique. L’ensemble production/musique me laisse sur le cul. Le son est impressionnant, la réalisation ultra précise, les compositions détaillées. C’est de l’artisanat qui serait coté au cac 40, c’est Abou Diaby sans blessure, c’est Mosanto sans OGM. Sons électroniques et analogiques cohabitent précisément et révèlent tous les riches idées nichées ça et là dans un magma de sonorités qui altèrent l’esprit et stimulent les zones érogènes. Like a pyramid of fire est une déclaration d’amour à la musique hypnoptique.

Heavy echo, qui ouvre l’album, est un flashback efficace du précédent effort de WNS et un mur de sons druggy dont le mixage annonce le parti pris de la suite. Bow est une ballade étonnante menée par un piano simple, une voix neutre, des arpèges de guitares et des choeurs planants. Le troisième titre, All you need, est délibérément un tube pop en puissance, synthétiseurs en avant, voix fantomatiques et sans guitare. Can’t you see it rappelle les instants expérimentaux et méditatifs des deux premiers disques de Spiritualized avant que Red Light, tout en en noirceur, redonne la part belle aux guitares, sursaturées et dévastatrices. Step into the light est, selon moi, la réussite totale du disque : un croisement inespéré et génial de certains morceaux de Primal Scream, d’encore Spiritualized, des mélancoliques et hirsutes Jesus and Mary Chain période Darklands, le tout sous influence totale du Ocean du Velvet Underground. Soit un long crescendo psychédélique qui termine en apothéose sous les cuivres et les cordes. Impressionnant et beau. Do it again, tout en bleep et à l’atmosphère sereine fait la transition avec Feel it, qui clôt l’album avec sa boucle acide et ses bandes à l’envers qui évoquent un lever de soleil sous descente d’ecstasy.

J’ai pu lire quelques chroniques anglaises plutôt défavorables comme justement certains chroniqueurs anglais savent bien le faire au profit d’autres merdes notoires estampillées indie. Bien au contraire, elles ont boostées mon enthousiasme sans limite pour ce disque surprenant et énorme. Like a pyramid of fire est sorti sur Rocket girl courant avril.


Le 13 mai 2015, par Boog

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