Eden Ahbez "Sur mon île et j’t’emmerde"

Label : Moi j’connais records


Tiens, si on profitait de la réédition vinyle chez les petits Suisses de Moi j’connais records (ils sont chelou parfois les helvètes) pour parler un peu de Eden Ahbez, musicien américain du siècle dernier (le vingtième donc, pour ceux qui ont du mal) mort en 1995 pas très loin d’une honorable 90ème année.

Eden’s Island , en ce qui me concerne, fait partie du haut du panier de la musique populaire toutes tendances confondues et joue des coudes pour le podium avec Skectches of Spain de Miles Davis, Rock Bottom de Robert Wyatt, Blackboard Jungle Dub de Lee Perry & the Upstters, When de Vincent Gallo ou encore Plâtre et ciment de Jean Louis Aubert. Euh, non, je me suis trompé pour le dernier.

Ce disque très étrange mêle mélancolie, quiétude absolue et espièglerie dans un méli mélo de percussions diverses parfois mixées très en avant, des choeurs féminins charmants, de parties de piano céleste tout en dextérité retenue, des poèmes déclamés avec une certaine fainéantise, des flûtes variées et plein de petits détails super bizarres.

Pour toi, jeune lecteur qui vient ici t’imprégner de culture différente de celle du Mouv’ parce que t’as liké sur Facebook la page de Rock it to the moon, sache qu’il fût un temps où l’on qualifiait ce genre de disque d’Exotica, l’ancêtre en quelque sorte du UK garage et de l’Hypnagogic pop si tu veux.

Cet album, sorti en 1960, est réellement addictif par son ambiance zen, ses mélodies imparables, ses arrangements minimalistes et atypiques, ses textes simples et beaux, et j’envie véritablement celui qui le découvre pour la première fois.

Les mots justement :

"The world is far/ The world is wide/ The man needs someone/ By his side/

The world is deep/ The world is high/ And no one knows/ The reason why/

The seasons come/ The seasons go/ The summer fruit/ And the winter snow/

But here we are/ And here we stay/ Until the time/ To go away/

All they say/ Is a land that is great/ And is grand, there’s no fear and no pain/ We will all live again/ And everyone will find the ones they love"

Parfait. Et putain, c’est pas Bertrand Cantat qui pourrait écrire ça.

Eden Ahbez était quand même assez unique dans son genre. Genre de Hippie beatnik précurseur, après avoir écrit le tube ’Nature Boy" pour Nat "King" Cole à la fin des années 40, il vécut un temps sur les collines d’Hollywood dans une sorte de précarité anti-matérialiste revendiquée et un rapport , comment dire, tout en spiritualité avec ce qui touche à la nature dans son aspect le plus intrinsèque (il va falloir commencer à faire gaffe avec ce dernier adjectif, j’ai même entendu Marvin Martin l’employer il y a peu dans une interview d’après match. Ouais je sais, c’est étonnant). Pour faire simple et en faisant des raccourcis faciles et gratuits, Eden Ahbez était un pionnier : le premier chlag’. Mais sans tente décathlon qu’on perche dans les arbres, sans pack de 8/6 tiède, sans "Yes I", sans mono dread, sans tatouage tout pourri et sans indignation spectaculaire auto-proclamée et pas trop comprise. Mais il ne faisait pas du chiqué, avait une conscience et un sens de la vie en phase justement avec son mode de vie.

Suite à cet album et jusqu’à la fin de sa vie il continua d’enregistrer de la musique. Pour l’instant celle-ci demeure toujours au fond d’un tiroir.

Eden’s Island est tout simplement merveilleux.


Le 29 août 2012, par Boog

Eden Ahbez

Sur mon île et j’t’emmerde

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