Terry Callier "What colour is love ? (1973)"

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Terry Callier, né à Chicago en 1945, sort What colour is love ? en 1973 soit 9 ans après son premier album mais à peine un an après Occasional rain, premier d’une série que je considère comme un triptyque si l’on rajoute I just can’t help myself paru en 1974. En effet, en l’espace de 3 années, son inspiration semble atteindre une sorte de paroxysme et sa musique touche les étoiles. Certes catégorisé plutôt Folk , Terry Callier à partir de ces albums a toujours pris un peu ses distances avec toute sorte de frontière musicale en saupoudrant ses chansons de Jazz tantôt crooner, parfois mystique et assez souvent d’obédience free, de Soul sensuelle ou introspective et de funk plus ou moins sexuel.

Tout d’abord la pochette : une belle jeune femme, en train de fumer une cigarette, lovée dans un fauteuil qui visiblement ne vient pas de chez Ikéa, nue mais dans une position telle qu’elle ne laisse rien entrevoir de son anatomie. Même pas un bout de nichon. Génie. Splendide pochette de disque.

What colour is love ? explore à merveille tous les horizons divers cités plus haut et a en plus cette sagesse, au sens propre du terme, qui en impose et inspire le plus profond respect. L’album démarre avec Dancing Girl , immense morceau de 9 minutes, complétement habité de bout en bout où l’on retrouve tous les thèmes abordés par Terry Callier dans sa musique : l’esprit de John Coltrane y croiserait celui de Jackson C Frank dans une ambiance à la profondeur très rarement atteinte depuis...

Puis vient le titre éponyme de l’album : tout en suavité et arrangement de cordes exquis. Le troisième titre et dernier de la face A, You goin’ miss your candyman , un peu plus physique, est devenu un classique depuis qu’il a été samplé dans les années 1990 par Urban Species (la meilleure ligne de basse de tous les temps ?). Ce qui eût pour conséquence d’ailleurs, de voir Terry Callier revenir à la musique après une mise en sommeil de ses talents musicaux pendant presque 20 avec l’excellent album Timepeace en 1998.

La face B de cet album de rêve débute par un petit exercice de style Soul "à la" Curtis Mayfield : orchestration chiadée, choeurs féminin, atmosphère coquine. Puis arrive le plutôt intense et lyrique Ho Tsing Mee (A Song of the Sun) , autre grand moment du disque avant de finir par deux petites douceurs de sensualité parfaitement arrangées.

Une voix incroyable, des chansons de dingues, des arrangements somptueux, des prises de risques et la grâce : What Colour is Love ? est une merveille, et rien que pour la pochette, la nécessité d’en posséder un exemplaire en vinyle peut sauver une discothèque.


Le 11 juin 2010, par Boog

Terry Callier

A song for the soul #23

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